Gaz : Les prix bondissent de 25 % sur les marchés européens face à la hausse des demandes

ENERGIE Cet affolement est dû à une forte hausse des demandes à l’approche de l’hiver, notamment en Asie, mais aussi à l’offre contrainte et des stocks bas partout dans le monde

M.F. avec AFP
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Les marchés du gaz en Europe s'emballaient mercredi 6 octobre 2021, les références continentale et britannique battant de nouveaux records.
Les marchés du gaz en Europe s'emballaient mercredi 6 octobre 2021, les références continentale et britannique battant de nouveaux records. — ID 931527 / Pixabay

Jamais l’Europe n’avait connu une telle situation. Les tarifs du gaz ont atteint des records ce mercredi sur les marchés européens. Le cours européen de référence, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, grimpait de 16,36 % à 135,00 euros le mégawattheure (MWh) vers 10h10 GMT. Le prix du gaz britannique pour livraison le mois prochain bondissait de son côté de 18,15 % à 347,27 pence par thermie (une unité de quantité de chaleur). Les deux marchés ont temporairement engrangé des gains supérieurs à 25 % et atteint respectivement 162,12 euros et 407,82 pence peu avant 08h30 GMT, un record.

« La flambée actuelle des prix de l’énergie en Europe est vraiment unique », ont réagi les analystes de Société Générale, « jamais auparavant les prix de l’énergie n’avaient augmenté aussi haut et aussi vite ». L’analyste de Commerzbank Carsten Fritsch voit dans cette accélération très forte des prix un « mouvement de panique et de peur » face à des stocks bas à l’approche de l’hiver dans l’hémisphère nord.

Les pénuries liées à la limitation de l’exploitation du charbon

La plupart des observateurs de marché mettent aussi en avant la demande asiatique, notamment chinoise. Les contraintes environnementales limitant l’exploitation du charbon ont en effet entraîné de graves pénuries d’énergies, mettant certaines usines au ralenti, et un report soudain de la demande sur le gaz au pire moment pour l’Europe qui s’apprête à rentrer dans l’hiver.

Les analystes d’ING y ajoutent un ensemble de facteurs composés « de prix élevés de l’électricité, d’une offre limitée en provenance de Russie et la possibilité d’un hiver plus froid ». Selon les experts de Capital economics, les prix « resteront probablement élevés par rapport aux normes passées » à moyen terme.