Prix du gaz : Jean Castex promet d’agir si besoin sur le « levier fiscal » au printemps 2022

CONSOMMATION Le gouvernement se dit prêt à prendre de nouvelles mesures face à l’augmentation du prix du gaz en France

M.F avec AFP
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Prix du gaz : Jean Castex tente d'éteindre la flamme des critiques — 20 Minutes

Face aux augmentations successives du tarif réglementé du gaz ces derniers mois, Jean Castex a promis que le gouvernement avait les moyens d’agir. Le Premier ministre a assuré mardi qu’il pourrait jouer sur le levier fiscal « en cas de nécessité ». Cette décision s’appliquerait si « les cours internationaux du gaz ne rebaissent pas au printemps » 2022.

Interrogé lors des questions au gouvernement par la cheffe des députés PS Valérie Rabault, Jean Castex a indiqué qu’un amendement serait déposé au projet de budget 2022 afin « d’abaisser les taxes spécifiques qui pèsent sur le prix du gaz » pour le cas où « les prix du gaz ne baisseraient pas à la hauteur de ce qu’ils augmentent aujourd’hui », de façon à « protéger le pouvoir d’achat » des Français. « Ce qui importe pour les usagers, c’est que leur facture n’augmente plus », a insisté le Premier ministre.

Gel des prix jusqu’en avril

Jean Castex avait annoncé jeudi « un bouclier tarifaire » avec le blocage du tarif réglementé du gaz jusqu’en avril et la limitation de la hausse de l’électricité, répondant comme dans d’autres pays européens à la flambée des prix de l’énergie. D’ici à avril, par ce système de lissage des prix, les distributeurs devront vendre le gaz aux consommateurs moins cher que les cours du marché. Puis à compter du printemps, il reviendrait aux consommateurs de payer un peu plus cher le gaz que les cours du marché, afin que les sommes payées en plus pendant l’hiver par les opérateurs soient récupérées.

Les oppositions de tous bords avaient reproché au gouvernement des « mesures électoralistes » jusqu’à la présidentielle, l’accusant de « charlatanerie » par ce lissage des prix. Plusieurs responsables politiques avaient appelé à une baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité.

Désamorcer les risques d’un mouvement de protestation

Avec l’amendement évoqué mardi, le gouvernement tente de répondre aux critiques, en se laissant la possibilité « d’agir sur le levier fiscal » si besoin après avril. Au-delà de l’enjeu social, l’exécutif cherche à désamorcer les risques d’un mouvement de protestation rappelant les « gilets jaunes » de 2018. Or, Emmanuel Macron compte faire en partie campagne, s’il se représente, en se présentant comme le défenseur du pouvoir d’achat des Français qui, malgré la crise, a été globalement préservé en 2020 (+0,4 % selon l’Insee).

Intervenant après une chute en 2020 liée à la récession provoquée par la pandémie, le bond actuel des tarifs touche tous les pays européens et s’explique par la très forte reprise économique, combinée à des stocks bas de gaz et des livraisons jugées insuffisantes, notamment de la part de la Russie.