Livraison express des courses : « Un confort de vie », « Je préfère prendre mon temps »… Vous nous expliquez pourquoi vous faites appel aux « dark stores » (ou pas)

VOUS TEMOIGNEZ Plusieurs enseignes proposent de livrer à domicile, en quelques minutes, un panier de courses commandé en ligne : c’est le principe des « dark stores »

J.B.
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Un livreur de la marque Gorillas.
Un livreur de la marque Gorillas. — Tobias Schwarz
  • Cajoo, Gorillas, Dija, Flink… Les « dark stores » essaiment dans plusieurs villes de France.
  • Le concept : via des entrepôts implantés en centre-ville, les marques proposent de livrer à domicile en quelques minutes un panier de courses commandé en ligne.
  • Un vrai gain de temps, estiment plusieurs lecteurs qui ont répondu à notre appel à témoignages. Mais tout le monde n’est pas convaincu par le modèle.

On connaissait les caisses automatiques, la livraison à domicile, le click and collect. Et voici les dark stores de Cajoo, Gorillas, Dija ou Flink, qui essaiment un peu partout dans l’Hexagone depuis plusieurs mois. Le principe de ce quick commerce ? Livrer à domicile, en quelques minutes à peine, un panier de courses basique commandé en ligne. Un délai ultracourt rendu possible grâce aux dark stores donc. Des entrepôts, implantés en centre-ville, où des magasiniers vont piocher les articles dans les rayons sitôt la commande passée, avant qu’un livreur ne parte avec.

Alors que la pandémie de Covid-19 a boosté la livraison à domicile, ce système séduit-il les consommateurs ? 20 Minutes leur a posé la question.

« Un réel confort de vie »

C’est « très pratique et le niveau de service est impressionnant, introduit Victor, client de Flink. La promesse des 10 minutes (pour livrer) est tenue ». Logiquement, c’est donc la rapidité qui est mise en avant. « Je gagne du temps avec ce service », confirme Stéphane. Quant à Kevin, utilisateur depuis peu de Gorillas, il dit avoir trouvé « un réel confort de vie. Que ce soit pour un complément aux courses du quotidien, des besoins ponctuels, une envie particulière, par manque de temps, en 13 minutes maximum, ma commande est livrée ».

Et niveau tarifs ?

Ces clients gagnent donc du temps… notamment pour faire d’autres courses. « Cela m’évite d’aller dans les grandes surfaces, dans lesquelles je ne prends aucun plaisir, reprend Victor. Et ça me libère du temps pour aller au marché ou chez les petits commerçants de quartier que j’apprécie (fromager ou boucher, par exemple) ».

Et niveau prix ? Victor toujours : « (Il y a les) même produits que chez Monoprix ou Franprix, où je fais mes courses d’habitude. Les prix ont l’air d’être les mêmes, voire moins chers ». Même son de cloche chez Kevin, satisfait niveau tarifs : « Ils sont majoritairement inférieurs aux prix affichés dans ma supérette de proximité (Paris 11), livraison comprise ».

Reste la question « éthique » de faire appel à ce genre de prestation. « J’étais réticent au début, car je pensais que cela allait "robotiser" ou "déshumaniser" le commerce et les centres-villes, juge Victor. Mais ces sociétés semblent avoir des livreurs et du personnel en CDI avec des équipements payés par l’entreprise ». Johann, lui, n’est pas en France mais à Amsterdam depuis plusieurs années. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier les dark stores : « Je suis plus que convaincu par ce système qui colle aux besoins et aux habitudes des gens, le côté '' écolo '' des livreurs a vélo, la rapidité et la simplicité ».

« De la logistique sur Internet. Bof. »

Mais tous les clients potentiels de courses ultrarapides ne sont pas du même avis. Notamment sur l’aspect « social » des dark stores. L’internaute « Daftpunkmusic » estime ainsi que « l’esclavagisme existe toujours », avec « des livreurs très mal payés ». Pour Tyrp, c’est davantage le modèle économique qui ne tient pas la route : « Comme toujours, un intermédiaire de plus veut sa part du gâteau. Ensuite, ils voudront monter leur marge, baisser celle des coursiers et des commerçants. Et là, ça s’arrêtera ».

Quant à « Hellboy », c’est le concept même qui le laisse de marbre. « J’ai du mal à voir l’innovation… De la logistique sur Internet. Bof. Je préfère prendre mon temps sur mon marché ». « Bouldoug », lui aussi, préfère se débrouiller tout seul. Certes, il fait appel à la livraison à domicile. Mais pas franchement dans les mêmes temporalités : « C’est la fermière qui me livre directement, de la source à l’assiette ! ».