Champagne : Paris espère obtenir bientôt un moratoire sur la loi russe

EAU DANS LE GAZ Une nouvelle loi russe empêche les producteurs français de champagne d’utiliser le mot « champagne » en cyrillique

20 Minutes avec AFP
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Le ministre du Commerce extérieur, Franck Riester. (archives)
Le ministre du Commerce extérieur, Franck Riester. (archives) — DELALANDE RAYMOND/SIPA

La France « espère » obtenir très prochainement un « moratoire » sur la récente loi russe empêchant le champagne d’utiliser son propre nom en alphabet cyrillique, a annoncé jeudi le ministre délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, sur France 2. « Nous sommes en discussions depuis plusieurs semaines maintenant avec les autorités russes », qui sont « dans un état d’esprit positif, constructif » sur cette question, a indiqué le ministre dans l’émission Télématin.

« Ce n’est pas quelque chose d’acceptable et nous travaillons avec eux d’une façon très positive. J’espère que nous pourrons avoir une bonne nouvelle dans les heures ou les jours qui viennent d’un moratoire sur cette loi qui ne correspond pas au droit en matière d’indication géographique », a-t-il poursuivi.

« Champanskoïe »

Depuis le 2 juillet, une modification de la loi russe sur le commerce des produits alcoolisés oblige les distributeurs de champagne à troquer le titre prestigieux de « champagne » contre celui de « vin pétillant » sur la contre-étiquette des bouteilles écrite en cyrillique, réservant la dénomination « Champanskoïe » aux producteurs russes de vins pétillants. Cette disposition de la loi a suscité cet été une forte indignation des producteurs et distributeurs de champagne, soucieux de protéger leur appellation d’origine protégée, ainsi que les vives protestations de plusieurs ministres français.

Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), qui avait conseillé début juillet aux producteurs de suspendre temporairement leurs exportations vers la Russie, en réaction à cette nouvelle disposition de la loi, s’est prononcé le 11 septembre pour la reprise des expéditions vers la Russie à partir du 15 septembre, dans un geste d’apaisement. La Russie est, avec les États-Unis ou Haïti, un des États à ne pas reconnaître l’appellation d’origine contrôlée (AOC) « champagne » malgré une vingtaine d’années de discussions.