Electricité : Comment faire baisser sa facture avec des prix qui flambent ?

CONSOMMATION Différentes stratégies peuvent être mises en œuvre à plus ou moins long terme

Nicolas Raffin
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Un champ d'éoliennes (Illustration).
Un champ d'éoliennes (Illustration). — SICCOLI PATRICK/SIPA
  • Les prix de l’électricité pourraient encore augmenter dans les prochains mois.
  • Et l’effet sur les factures pourrait se faire durement sentir en 2022.
  • 20 Minutes explore les solutions pour éviter une perte de pouvoir d’achat.

Alerte sur les factures d’électricité. La semaine dernière, l’UFC Que-Choisir estimait que le tarif régulé (TRVE) pourrait bondir de 10 % en 2022, en raison de l’augmentation des prix sur les marchés européens. Une mauvaise nouvelle pour des millions de ménages qui ont souscrit à cette formule, et qui pourraient voir leur facture gonfler de 150 euros en moyenne, selon l’association de consommateurs.

Pour vous aider à faire face, 20 Minutes fait le point sur les différentes stratégies à mettre en place.

Les stratégies immédiates : Faire des éco-gestes et changer de fournisseur

Ce sont les pratiques les plus faciles à mettre en œuvre de manière rapide. Baisser le chauffage de 1 °C à la maison, par exemple, permet d’économiser 7 % sur la consommation d’énergie. L’Ademe (Agence de la transition écologique) recommande ainsi de rester entre 19 et 21 °C pour les pièces de vie (le salon, notamment) et 17 °C pour la chambre. Il est aussi conseillé d’entretenir les appareils de production d’eau chaude (type chauffe-eau) même s’ils ne sont pas soumis à un contrôle obligatoire tous les ans.

« Changer de fournisseur peut aussi être une bonne idée pour faire des économies, rappelle Antoine Autier, responsable du service des études et du lobby à l’UFC Que-Choisir. Contrairement à un forfait mobile, vous pouvez changer à n’importe quel moment, sans risque de coupure. Le mieux reste de comparer les offres régulièrement, car les prix évoluent souvent. »

Les stratégies de long terme : Investir dans des appareils moins énergivores et/ou faire des travaux

C’est la solution qui permet de dégager des économies… mais après une dépense initiale parfois conséquente. Il s’agit notamment des grands travaux d’isolation (toiture, murs, fenêtres), mais aussi des systèmes de chauffage (chaudière haute performance, chauffe-eau solaire…).

« Les aides peuvent être importantes, mais pas forcément suffisantes pour les ménages les plus modestes, remarque Antoine Autier. Pour faire de vraies économies d’énergie sur le long terme, les travaux se chiffrent souvent à plusieurs milliers d’euros. Par ailleurs, lorsque vous êtes locataire, vous dépendez des choix des bailleurs. Un locataire seul ne va pas engager des travaux s’il quitte son logement rapidement après ».

La stratégie politique : Obtenir un coup de pouce de l’État

Parce que les taxes représentent environ 30 % du montant de la facture d’électricité, l’État et les collectivités peuvent aussi jouer un rôle face à la flambée des prix. Deux grandes options sont généralement possibles : modifier le montant des taxes ou distribuer des aides financières. En Espagne, le gouvernement a par exemple décidé il y a quelques semaines de baisser la TVA et l’impôt spécial sur l’électricité pour contrer la flambée des prix.

En France, l’exécutif s’en tient pour l’instant à la deuxième option, avec un « chèque énergie » de 100 euros, qui sera distribué à 5,8 millions de ménages à la fin de l’année. « Ce chèque énergie ne concerne que 20 % des ménages, regrette Antoine Autier. Je ne suis pas sûr que les 80 % restants soient riches, et pourtant ces augmentations de factures vont peser sur leur pouvoir d’achat ». L’UFC Que-Choisir réclame donc une action plus forte, notamment sur le levier fiscal.