Le bouclier fiscal se fissure

Louis Moulin et Angeline Benoit

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Branle-bas de combat, hier matin à l'UMP, où les critiques du bouclier fiscal se font de plus en plus ouvertes. Si l'opposition n'a eu de cesse d'attaquer ce plafonnement des impôts à 50 % du revenu, des voix issues de la majorité ont commencé à demander sa révision, alors qu'une modification du budget de l'Etat pour 2009 doit être examinée aujourd'hui. Les débats ont été vifs, hier matin, en réunion de groupe à l'Assemblée nationale, le président UMP de la commission des Affaires Sociales, Pierre Méhaignerie, allant même jusqu'à proposer « une contribution exceptionnelle sur les revenus supérieurs à 300 000 euros par an ». De son côté, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin (UMP) a estimé sur France Info que la suspension du bouclier fiscal serait « un geste très fort de justice sociale ».

Tout a commencé lundi, quand le député UMP René Couanau a déclaré qu'il demanderait la suspension du bouclier fiscal lors de l'examen du projet de loi de finances rectificatif. « C'est devenu une sorte de symbole d'iniquité fiscale. Au moment où nous voulons redonner confiance dans le plan de relance, il me paraît opportun de faire ce geste symbolique », a-t-il affirmé. Mais le chef de l'Etat a vite fait de renvoyer dans les cordes les voix dissonantes de son camp. « Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts. Mon but, c'est de faire investir en France des gens qui ont de l'argent, ce n'est pas de les faire partir », a-t-il martelé. D'après Les Echos, 14 000 foyers fiscaux ont bénéficié d'un remboursement au titre du bouclier fiscal l'an dernier, pour un total de 458 millions d'euros. ■