La France défend le « vrai rosé » face à Bruxelles

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Haro sur le rosé « coupé » ! Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a réaffirmé, hier à Bruxelles, son opposition à la Commission européenne, qui souhaite autoriser la production du vin de tablé rosé en mélangeant du rouge et du blanc. Pour le ministre, la Commission doit « améliorer » son projet « pour protéger les productions traditionnelles de vin rosé », ce qui pourrait passer par un étiquetage particulier afin de distinguer rosé « coupé » et rosé « traditionnel ».

Pour François Bachelot, directeur du Guide Hachette des vins, cette décision serait « un retour en arrière après quinze ans de pédagogie sur le rosé, qui est un vin à part entière, avec des raisins rouges spécifiques et une élaboration particulière ». Alors qu'en « mélangeant des vins rouge et blanc, ça a la couleur du rosé, mais ça n'est pas du rosé ».

Les principaux arguments en faveur du rosé « coupé » sont son moindre coût de fabrication et la compétition avec des pays qui l'autorisent déjà, comme l'Argentine, pour conquérir de nouveaux marchés. Mais pour François Bachelot, « si on habitue les nouveaux marchés à de mauvais vins, on n'arrivera pas, ensuite, à leur vendre des vins de bonne qualité ». ■Louis Moulin