Calais : Après six ans de chantier, le nouveau port « offre de nouvelles perspectives pour les Hauts-de-France »

BALANCE TON PORT L'extension du port de Calais, qui a coûté plus de 800 millions d'euros, a été inaugurée, ce jeudi

Gilles Durand
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Le PDG du Port de Calais, Jean-Marc Puissesseau.
Le PDG du Port de Calais, Jean-Marc Puissesseau. — G. Durand / 20 Minutes
  • Ce jeudi, se tenait l’inauguration officielle du nouveau port de Calais.
  • Le chantier a duré six ans et a coûté 863 millions d’euros.
  • L’extension de la zone portuaire doit permettre au port de développer son activité économique.

« Ça, c’est du dur ! Ça va durer cent ans minimum ». Pour Jean-Marc Puissesseau, PDG du Port de Calais, l’extension de la zone portuaire de la ville offre un « outil d’exception ». Ce jeudi se tenait l’inauguration officielle du nouveau port de Calais, dans le Pas-de-Calais. Un chantier de six ans qui a coûté 863 millions d’euros. « Cette infrastructure nous engage sereinement dans le XXIe siècle et offre de nouvelles perspectives pour toute la région Hauts-de-France », explique Jean-Marc Puissesseau, l’homme qui porte cette ambition depuis une quinzaine d’années. Concrètement, qu’est-ce que ça va changer pour ce port qui bénéficie d’une position stratégique face à l’Angleterre ?

Une nouvelle jetée, trois nouvelles passerelles

La construction du nouveau port a nécessité l’installation d’une jetée longue de 3,2 km, permettant de gagner 45 ha (90 terrains de foot) sur la mer. Ainsi, Calais dispose désormais de deux ports : Calais-1, l’ancien, et Calais-2, le mieux. Les trois passerelles, dédiées au frêt et aux transports de passagers, faisaient déjà de la ville le 4e port de marchandises de France et le 1er roulier dans l’Union européenne. A partir du 5 octobre, trois nouvelles passerelles seront opérationnelles. « Mais surtout, le nouveau port offre la possibilité d’en construire six supplémentaires en cas de besoin et pour un moindre coût », plaide Jean-Marc Puissesseau.

Un contexte économique tendu

Reste à attirer les compagnies maritimes pour développer les activités économiques car Calais 2 entre en scène dans une conjoncture délicate. Le Brexit a ralenti le trafic marchandises et le Covid-19 a réduit de 75 % la clientèle touristique avec la Grande-Bretagne. « Dans cinquante ans, on ne se souviendra plus du Covid-19, assure Jean-Marc Puissesseau. Les voyageurs vont revenir et on va pouvoir accueillir les ferrys du futur, plus grands et moins polluants. »

Quant au frêt, Benoît Rochet, directeur délégué du port, se veut rassurant. « La reprise se fait déjà sentir. On a observé une hausse entre juillet 2021 et juillet 2020. La route la plus courte reste la plus efficace », souligne-t-il, en misant notamment sur les innovations techniques pour accueillir de nouveaux marchés.

Un terminal d’autoroutes ferroviaires

Ces innovations, ce sont d’abord les crocs largables permettant d’accrocher automatiquement les amarres des navires pour gagner 30 % sur le temps de transbordement. Ce sont ensuite les passerelles téléconduites qui vont rendre plus efficace l’ajustement avec les pontons des bateaux.

Enfin, ce gros port de Calais compte désormais draguer le trafic des remorques sans chauffeur, grâce à son nouveau terminal d’autoroutes ferroviaires. Un équipement unique à l’échelle européenne. « Ça fait dix ans que nous avons investi sur le ferroutage qui est un marché d’avenir, annonce Jean-Marc Puissesseau. Des remorques sur des trains puis dans des bateaux, plutôt que sur la route, c’est mieux ».