TER en Paca : Transdev remplace la SNCF entre Nice et Marseille, ça va changer quoi ?

TRANSPORTS L’entreprise privée devrait prendre les rênes de la ligne au cours de l’été 2025

Fabien Binacchi
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Un TER de la région Paca, en gare de Nice
Un TER de la région Paca, en gare de Nice — SYSPEO/SIPA
  • Avec Transdev, la cadence des trains entre Nice et Marseille sera doublée, promet la région.
  • Le nouvel opérateur s’engage également à construire un centre de maintenance à Nice-Ville pour améliorer la fiabilité du service et à choisir de nouveaux matériels pour remplacer « des trains vieillissants ».

Grâce à cette première en France, la région Paca promet un trafic « doublé pour un prix équivalent ». En annonçant mardi sa volonté de confier pendant dix ans l’exploitation de la ligne TER Nice-Marseille à un autre opérateur que la SNCF, la collectivité espère une montée en gamme de l’offre de transports.

Mais comment pourrait se dérouler la transition avec le groupe privé français Transdev ? Et pour quel résultat au final ? 20 Minutes fait le point.

Ce qui est prévu

Parmi les trois candidats en lice pour remporter cette liaison reliant Nice à Marseille, en passant par Toulon, l’opérateur public historique SNCF mais aussi Thello, filiale de la compagnie publique des chemins de fer italienne Trenitalia, ont donc été écartés au profit de Transdev. Cette décision de l’exécutif régional doit encore être soumise au vote des élus de Paca le 29 octobre. Mais la collectivité promet déjà de « passer de sept allers-retours quotidiens à quatorze allers-retours quotidiens ». Soit un train toutes les heures.

Si le choix est validé, Transdev prendra officiellement le relais de la SNCF à compter de l’été 2025. Le groupe transporte déjà 11 millions de passagers au quotidien dans le monde via des lignes d’autobus, de cars et de trains. En Paca, la SNCF restera en revanche l’opérateur de l’autre lot mis en jeu dans l’ouverture à la concurrence proposée par la région. Sur les lignes « Les Arcs/Draguignan-Vintimille », « Nice-Tende » et « Cannes-Grasse », elle devra s’engager à passer de 69 allers-retours quotidiens à 120 allers-retours quotidiens. L’entreprise française a en tout cas déjà acté la perte du marché Nice-Marseille, souhaitant dès mardi soir « le meilleur succès à Transdev, dans l’intérêt des voyageurs et du développement du transport ferroviaire dans la région ».

Ce à quoi le nouvel opérateur s’engage

En plus de la cadence doublée sur l’axe Nice-Marseille, les candidats à la reprise de la ligne devaient coller à un strict cahier des charges. Le nouvel opérateur aura également l’obligation « de construire un autre centre de maintenance à Nice-Ville et de choisir de nouveaux matériels pour remplacer des trains vieillissants », expliquait à 20 Minutes le sénateur (LR) Philippe Tabarot, ancien vice-président de la région en charge des transports. De quoi augmenter encore la qualité de service selon la région. La construction de cet atelier étant réclamé de longue date pour améliorer la régularité des trains.

Ce qui attend les agents SNCF de la ligne

Avec cette décision, le personnel travaillant sur la liaison Nice-Marseille devrait être transféré de la SNCF à Transdev. L’entreprise publique s’y prépare déjà. « Il est de notre devoir d’être exemplaires dans une transition réussie pour nos agents et au service de nos voyageurs », commentait mardi Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs.

Mais du côté des syndicats, on affiche déjà une certaine inquiétude : « La loi prévoit que les emplois soient préservés dans les mêmes conditions pendant quinze mois. Au-delà, Transdev pourra remettre les contrats en question. Cela pourra avoir un impact sur les conditions de travail mais aussi sur certains métiers qui pourraient carrément disparaître », a réagi auprès de 20 Minutes Jean-Marie Valencia, de la CGT Cheminots Paca.

« Ce modèle est essentiellement basé sur le dumping social, c’est-à-dire sur la dégradation des conditions de travail et de vie des cheminots, alors même qu’elles sont un élément essentiel de la sécurité ferroviaire », a de son côté dénoncé SUD-Rail Paca, évoquant un « morcellement » du réseau. Le syndicat réclame que « l’intégralité des droits et de la réglementation des cheminots soit garantie ».

Une incertitude demeure également sur le nombre d’agents concernés par ce futur transfert. Le chiffre de 244 aurait été un temps avancé. L’Unsa ferroviaire, deuxième syndicat à la SNCF, évoque de son côté 166 emplois.