Réforme des retraites : Jean Castex assure que les conditions ne sont « toujours pas réunies »

BUDGET En revanche, la réforme de l’assurance chômage sera progressivement appliquée a affirmé le Premier ministre

M.F avec AFP
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Jean Castex s'est exprimé à propos de la réforme des retraites.
Jean Castex s'est exprimé à propos de la réforme des retraites. — Jacques Witt/SIPA

La réforme des retraites n’est pas prévue pour demain en France. Jean Castex a affirmé à l’issue du séminaire de rentrée du gouvernement à l’Elysée que les conditions pour la déployer n’étaient « toujours pas réunies ». « Le processus (…) ne pourra reprendre que lorsque la pandémie sera sous contrôle et que la reprise économique sera suffisamment solide, c’est une question de bon sens, c’est un préalable à la réussite de cette réforme très importante », a-t-il insisté.

« Tous régimes confondus, le déficit attendu devrait atteindre cette année, selon le COR (Conseil d’orientation des retraites, ndlr), huit milliards d’euros et très vraisemblablement 11 milliards à l’horizon 2030 », a néanmoins mis en garde le Premier ministre en présentant ses priorités pour les 200 jours restants du quinquennat d’Emmanuel Macron. Même si cette réforme « est une nécessité absolue » pour rétablir l’équilibre du système, « nous avons l’impérieux devoir de favoriser au maximum l’unité du pays », a-t-il ajouté, en allusion à l’opposition des syndicats et aux réticences sur cette réforme jusque dans les rangs de la majorité, à quelques mois de la présidentielle 2022.

Rumeurs sur une réforme avant la présidentielle

L’hypothèse d’une relance de la réforme des retraites avant la fin du quinquennat, qui divise la majorité, a resurgi lundi au grand dam des syndicats. Selon Les Echos, Emmanuel Macron aurait l’intention de « supprimer les régimes spéciaux de retraite et instaurer le minimum de pension à 1.000 euros » avant la fin de son mandat.

Hautement inflammable, la réforme des retraites, qui avait donné lieu à une forte mobilisation fin 2019 et un long conflit social, avait été stoppée net par le Covid-19 en mars 2020. Depuis, les rumeurs sur d’éventuelles mesures avant la présidentielle de 2022 resurgissent régulièrement, alimentées par le chef de l’Etat lui-même. Les syndicats, qui ont été reçus la semaine dernière à Matignon, ont tous dit non à une nouvelle concertation sur les retraites avant la présidentielle.

Feu vert pour la réforme de l’assurance chômage

Le Premier ministre a en revanche assuré que la réforme de l’assurance chômage, suspendue en raison de la crise du Covid-19, était « absolument indispensable » et a indiqué qu’elle serait progressivement appliquée « entre le 1er octobre et le 1er décembre ». Jean Castex a présenté cette réforme comme l’une des réponses « aux difficultés de recrutement », visant « à remettre de l’ordre dans un régime fondamentalement utile mais dont les règles avaient progressivement dérivé ».

La date du 1er décembre devrait correspondre à l’entrée en vigueur du durcissement des règles sur la dégressivité des allocations et sur la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger un droit. Concrètement, le durcissement des conditions d’éligibilité passera de 4 à 6 mois lorsqu’il y aura à la fois une baisse d'« au moins 130.000 » demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A « au cours des six derniers mois » et 2,7 millions de déclarations préalables à l’embauche de plus d’un mois sur quatre mois consécutifs. Le tout calculé à partir du mois d’avril. En fonction des mêmes critères, la durée d’indemnisation avant application de la dégressivité aux demandeurs d’emploi dont l’allocation est supérieure à environ 4.500 euros de salaire brut mensuel sera ramenée de 8 à 6 mois.