Lavables, bio ou tout simplement plus écolo… La couche se met au vert

CONSOMMATION La tendance des langes pour bébés toujours plus écolos et durables se confirme. En lançant un nouveau modèle semi-réutilisable, Pampers, leader de la couche-culotte, fait ses premiers pas sur ce marché

Léa Ménard
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Un bébé portant une couche lavable.
Un bébé portant une couche lavable. — Laura Ohlman/Unsplash
  • Le leader de la couche jetable, Pampers, lance pour la rentrée son premier modèle de couches semi-réutilisables.
  • Dans le même temps, le marché de la couche écolo est en développement, même s’il reste encore au stade de niche, d’après plusieurs acteurs du secteur.
  • Un certain nombre de parents se dirigent vers des produits plus écoresponsables, réutilisables ou tout simplement plus transparents sur leur composition.

Les couches-culottes en tissus pourraient bien faire leur grand retour sur les derrières des bambins. Pas de langes tristounets ni d’épingles à nourrice en perspective : ces protections ont fait du chemin depuis le siècle dernier. Preuve d’un intérêt de plus en plus marqué pour les couches écoresponsables, les marques leaders du jetable semblent s’y intéresser de près. Pour la rentrée, Pampers lance ainsi  son modèle de couche semi-réutilisable, avec un absorbant jetable et une enveloppe lavable et réutilisable.

Marianne Bertrel est l’autrice du Guide complet des couches lavables (Thierry Souccar Ed.). Et pour celle qui s’est spécialisée sur les couches réutilisables au fil de ses grossesses et anime des ateliers de découverte, la tendance des couches lavables n’en est encore qu’à ses prémices. « Je pense vraiment que ça va prendre de l’ampleur. Plus les parents y sont sensibilisés, plus ça va se démocratiser », estime la maman d’Emma et Vadim, 6 et 2 ans, et de Lucie, sa petite dernière de 7 mois.

Un constat partagé par Simon Delliaux. Il en est d’ailleurs persuadé, l’avenir des couches est dans le lavable. Ce jeune papa a lancé Kokpit, une entreprise de location de langes réutilisables basée à Lille. Même s’il reste lucide : « On reste sur un marché de niche », qui réunit pour le moment « entre 3 et 5 % » des consommateurs en culottes courtes. « Petit à petit, la couche lavable vient gratter des parts de marché », complète Simon Delliaux. Certaines crèches et maternités du pays ont déjà passé le cap des couches lavables. C’est le cas de la maternité d’Alençon, en Normandie, mais aussi de celle de  Schiltigheim, près de Strasbourg, en Alsace.

Le marché du réutilisable existe

« Le fait que Pampers lance une gamme hybride, ça montre que le marché du réutilisable existe », souligne Marianne Bertrel. Contrairement aux traditionnelles couches lavables, l’absorbant est jetable avec ce modèle. Financièrement, la mère de famille estime qu’il vaut mieux opter pour une utilisation mixte de couches lavables et jetables, plutôt que l’entre-deux proposé par le géant de la couche. Une solution beaucoup plus économique, d’après ses calculs.

D’après Marianne Bertrel, le jetable coûterait à une famille entre 1.200 et 1.500 euros pour une période de deux ans et demi, contre en moyenne 600 euros pour l’alternative lavable, auxquels s’ajoutent environ 150 euros par an de frais d’entretien divers (eau, électricité, renouvellement d’absorbants). Un investissement variable, puisque la possibilité de se fournir (ou bien de revendre) en seconde main et la réutilisation à la naissance d’un second enfant peuvent aussi faire baisser les dépenses.

200 kg d’ordures en moyenne

Jusqu’à la propreté de l’enfant, une famille utilise en principe environ 3.800 couches​, correspondant à 200 kg d’ordures. « Quand on a un bébé, on se rend vraiment compte du volume de déchets que représentent les couches jetables », constate Adeline, 32 ans et maman d’une petite Zélie. Avec son mari, ils ont opté dès la naissance pour des changes réutilisables. « Je ne trouve pas ça si compliqué », souligne la jeune femme. La régularité des lavages en machine, « tous les deux à trois jours », est, selon elle, une routine facile à mettre en place. « Nous avons fait ce choix pour des raisons à la fois économiques et écologiques. »

Face à ces enjeux, les autres branches « écolo » du marché de la couche, notamment les produits bio, ne sont pas en reste. « Il y a une tendance très nette qui s’est installée depuis quatre ans », estime Céline Augusto, cofondatrice de l’entreprise bio Love & Green. A la naissance de Rose, âgée de six mois, sa mère Lorène, 28 ans, a écarté l’idée d’utiliser des couches lavables. « J’ai choisi des couches bio que je reçois par abonnement tous les mois à la maison. Je n’avais pas envie que ma fille ait plein de perturbateurs endocriniens sur elle… » Pour Céline Augusto, la recherche de produits sains, allant vers « plus de naturalité », constitue une des attentes fortes des parents.

D’autres solutions existent, à l’image de celle crée par Carole Juge-Llewellyn, fondatrice de Joone​, une marque de changes sur abonnement. « Ce qui m’intéressait, c’était de faire une couche avec des engagements : celle d’être pratique, avec une composition "clean" et transparente. » Car, souligne la cheffe d’entreprise, « faire une couche bonne pour l’environnement, c’est un oxymore, qu’elle soit lavable ou jetable. Mais c’est un outil indispensable pour les parents. »