Rentrée sociale : Un « revenu d’engagement pour les jeunes » et beaucoup de questions

EMPLOI Le Premier ministre, Jean Castex, reçoit les partenaires sociaux à partir de ce mercredi pour aborder les principaux sujets des mois à venir

Léa Ménard
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Le Premier ministre Jean Castex, a l'issue de la 3eme Conference du dialogue social
Le Premier ministre Jean Castex, a l'issue de la 3eme Conference du dialogue social — Eric TSCHAEN/POOL/SIPA
  • Jean Castex s’apprête à rencontrer les principales organisations patronales et syndicales.
  • Conséquences de la crise sanitaire, assurance chômage, réforme des retraites, formation professionnelle… Les sujets à l’ordre sont nombreux.
  • Une bonne part des discussions porteront sur la jeunesse, et notamment sur le futur « revenu d’engagement pour les jeunes » annoncé par Emmanuel Macron.

Chacun son tour et en tête-à-tête. Le Premier ministre entame ce mercredi – et pour trois jours – une série de consultations avec les syndicats et le patronat. La situation sanitaire et ses conséquences dans les entreprises et sur leurs salariés seront bien évidemment à l’ordre du jour, tout comme le « plan d’investissement » à venir pour soutenir la reprise économique, la mise en application de l'assurance chômage à partir du 1er octobre et la réforme des retraites.

Parmi les principaux sujets de discussion figurent également la jeunesse et la formation professionnelle. Jean Castex et plusieurs de ses ministres entendent ainsi sonder leurs interlocuteurs sur le projet de « revenu d’engagement pour les jeunes », annoncé par Emmanuel Macron le 12 juillet dernier. Les contours de ce dispositif, qui doit succéder à l’actuelle « garantie jeunes », restent à déterminer – en particulier le montant de ce revenu et ses contreparties. D’après Matignon, la série de consultations permettra aux partenaires sociaux de « mettre sur la table » leurs suggestions en la matière.

L’idée d’une simple allocation prenant la forme d’un «RSA jeune » semble toutefois définitivement écartée, au profit d’un contrat d’engagement avec un véritable parcours d’insertion. Une orientation qui conforte les attentes d’une partie du patronat. « Nous serons très vigilants sur les contreparties. Il faut qu’elles soient vérifiées. Ce n’est pas seulement un droit, mais c’est aussi un devoir », souligne Eric Chevée, reprenant à son compte la « logique de devoirs et droits » évoqué par le président de la République lors de son allocution de la mi-juillet. Le vice-président de la CPME souhaite qu’avec ce revenu, « on ne donne pas pour rien ».

Pas (encore) de calendrier

Un comité composé de parlementaires et d’acteurs du monde associatif et du service public s’est réuni le 22 juillet dernier pour imaginer les contours de ce nouveau dispositif. Un objectif est acté, celui de faire du « REJ » un outil d’insertion professionnelle pour les personnes bénéficiaires, dans la lignée de la « garantie jeunes ». Depuis cette première réunion, rien de nouveau, déplore Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). « Il faut passer aux actes ! Nous sommes en attente de décisions. Il y a urgence, notamment à destination des plus précaires. »

Fiona Lazaar, députée du Val-d’Oise (LREM) et membre du comité, plaide pour « un accompagnement individualisé » adapté aux jeunes quel que soit leur profil. « Il faut faire attention, quand on parle de contrôles et de conditions. Ce sont des jeunes en situation de NEET [ni en emploi, ni en études, ni en formation], il y a donc tout un tas de freins périphériques pour eux », pointe la présidente du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion (CNLE).

Un point de vue partagé par Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. « Il ne faut pas que les conditions soient trop restrictives, au point de transformer le dispositif en machine à exclure », dit-il dans un entretien accordé au Monde. Et d’ajouter : « Des moyens humains devront, par ailleurs, être donnés à Pôle emploi et aux missions locales pour assurer cet accompagnement. »

Emmanuel Macron doit dévoiler les arbitrages finaux au cours de la dernière semaine de septembre. Une intervention que Stéphane Valli attend de pied ferme. Durée de prise en charge, nombre de jeunes concernés, déploiement du dispositif sur tout le territoire ou expérimentation locale, recrutements de nouveaux conseillers… « Tout ça doit être clarifié ! », estime le président de l’Union nationale des missions locales (UNML). Le dispositif pourrait être étendu à un million de bénéficiaires, contre 200.000 actuellement avec la « garantie jeunes ».