La polémique Total monte dans les tours

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Total embarrasse le gouvernement en annonçant la suppression de 555 postes d'ici à 2013, moins d'un mois après la publication du plus gros bénéfice jamais réalisé par une entreprise française. « Dans le contexte actuel, ça choque, surtout si on met face à face 550 suppressions de postes et 14 milliards d'euros de profits », a reconnu hier le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, a demandé un « geste » au groupe « pour l'apprentissage et l'emploi des jeunes ». « Une chose est certaine, compte tenu du poids de Total dans l'économie, compte tenu du poids de Total dans le CAC 40, on attend de Total que Total soit exemplaire », a insisté le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand.

L'opposition n'a pas non plus caché son indignation. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a exigé que le géant pétrolier « rembourse l'aide publique », et l'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, a demandé que l'Etat « prélève les bénéfices » du groupe. Il y aura « zéro licenciement », s'est défendu Total hier. « Ce plan est un plan d'investissement pour moderniser et pérenniser notre raffinage et notre pétrochimie. Les hommes et les femmes concernés vont partir en retraite, en préretraite ou évoluer dans le groupe. » ■