Entreprises du CAC 40 : La rémunération des grands patrons va bondir en 2021

SALAIRE Cette année, une partie de leur rémunération provient d’un bonus dépendant de leur stratégie climat

M.F avec AFP
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Les dirigeants des grandes entreprises du CAC 40 pourraient percevoir 5,4 millions d'euros en moyenne en 2021.
Les dirigeants des grandes entreprises du CAC 40 pourraient percevoir 5,4 millions d'euros en moyenne en 2021. — Mourad ALLILI/SIPA

Alors que leurs rémunérations avaient reculé de 21 % en moyenne en 2020, les patrons des entreprises de l’indice boursier CAC 40 devraient bien se rattraper cette année. Selon une étude présentée en tandem par l’Hebdo des AG et le cabinet d’avocats Avanty, spécialisé en rémunération des dirigeants, ils pourraient percevoir 5,4 millions d’euros en moyenne sur 2021. C’est 1,6 million de plus que la moyenne établie l’année précédente en pleine crise sanitaire.

Ces enveloppes, qui ont été votées lors des assemblées générales des actionnaires entre avril et juin, dépassent de 10% celles de 2019 au sein du CAC 40. « Le rebond des rémunérations traduit la reprise économique », observe Bénédicte Hautefort, fondatrice de l’Hebdo des AG.

Le bonus climat

Grand changement par rapport à l’an dernier, la performance des entreprises n’est plus « exclusivement financière », analyse Bénédicte Hautefort évoquant le climat parmi ces «critères extra-financiers». Ces derniers sont arrivés dans les rémunérations des grands patrons sont apparus l’année des Accords de Paris sur le climat en 2015, notamment chez LVMH, Bouygues, Danone, Veolia et Kering.

Cette année, « ils sont très nombreux à franchir ce cap, ou, s’ils l’avaient déjà franchi entre-temps, accroissent la part du climat dans leur variable », selon l’étude. Ainsi, 67 % des dirigeants du CAC 40 ont un bonus dépendant de leur stratégie climat », ce qui signifie que cette rémunération variable relative à l’année en cours est indexée sur un critère spécifiquement climatique.

Autre nouveauté dans les politiques de rémunération 2021: « la généralisation des primes exceptionnelles plafonnées, à la discrétion du Conseil, pour gérer des situations imprévues comme celles de 2020 », souligne le cabinet Avanty. Pour 2022, « le rebond des rémunérations sera confronté à la fois à la campagne présidentielle en France et au constat, ou non, de la reprise économique », prévoit le cabinet Avanty.