Impôts : Le rattachement au foyer fiscal, comment ça marche ?

ARGENT Si à 18 ans, on a envie de voler de ses propres ailes, on est en général encore soutenu financièrement par ses parents. Cette prise en charge a d’ailleurs un intérêt fiscal, puisqu’elle permet de diminuer les impôts de sa famille

Julie Polizzi pour 20 Minutes
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À leur majorité, les enfants peuvent être rattachés au foyer fiscal de leurs parents, qu'ils vivent ou non avec, pour faire baisser les impôts de la maisonnée.
À leur majorité, les enfants peuvent être rattachés au foyer fiscal de leurs parents, qu'ils vivent ou non avec, pour faire baisser les impôts de la maisonnée. — IStock / City Presse

Avec la majorité vient le temps des responsabilités, de la paperasse, des choix difficiles mais aussi d’une imposition personnelle. Mais en pratique, à 18 ans, l’indépendance financière est souvent inatteignable. Ce qui n’est d’ailleurs pas plus mal pour les parents, fiscalement parlant

Le quotient familial en question

Il faut tout d’abord rappeler que l’impôt sur le revenu repose sur le quotient familial, un indice tenant compte du nombre de personnes à votre charge. Par mesure d’équité, le fisc attribue des parts de quotient familial pour chacun des enfants qui vit avec vous : jusqu’à 4 pour un parent célibataire, contre 5 pour un couple marié ou pacsé. Au-delà de 4 enfants, chaque bouche de plus à nourrir comptera pour 1 part supplémentaire. L’administration divise ensuite le montant de votre revenu imposable par votre nombre de parts, avant de soumettre le résultat au barème progressif de l’impôt.

Sans entrer dans des considérations techniques, l’essentiel est donc de savoir qu’un quotient familial élevé permet de diminuer votre imposition. Mais cet avantage fiscal ne dure que tant que vos enfants sont à votre charge.

Une procédure simple

Par principe, un jeune devient personnellement imposable dès sa majorité. Néanmoins, comme il est rare d’être indépendant à cet âge, la loi permet de le rattacher au foyer fiscal de ses parents tant qu’il n’a pas atteint 21 ans au 1er janvier de l’année imposable, ou 25 ans lorsqu’il poursuit des études supérieures. De cette façon, la maison peut continuer à profiter de la majoration de parts du quotient familial et, dans la foulée, de la petite réduction d’impôt liée à leur scolarisation (153 euros au lycée et 183 euros dans l’enseignement supérieur).

Pour ce faire, il suffit d’indiquer le rattachement dans la case prévue à cet effet dans la déclaration annuelle de revenus ou en cours d’année dans la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » sur Impots.gouv.fr. De son côté, le jeune majeur n’a pas de déclaration d’impôt à réaliser et peut d’ailleurs vivre dans son propre logement. En revanche, il doit remettre à ses parents une demande de rattachement rédigée et signée sur papier libre, à conserver en cas de contrôle.
À noter que par exception, un enfant handicapé peut être rattaché au foyer de ses parents quel que soit son âge.

Un calcul pas forcément avantageux

Si le rattachement fiscal est souvent un réflexe, il n’est pas toujours judicieux. Logiquement, cette option doit être écartée si votre grand garçon ou fille a déjà des revenus, puisqu’ils se cumulent aux vôtres dans votre déclaration d’impôt. Sous réserve de certains plafonds, ses indemnités de stages, petits jobs et salaires d’apprenti ne sont toutefois pas pris en compte. Par ailleurs, si votre enfant s’est marié, pacsé ou est devenu parent, l’augmentation de vos parts est impossible. À la place, c’est un abattement sur le revenu qui s’applique par personne rattachée à votre foyer fiscal (5.959 euros pour les revenus 2020).

Plus encore, la loi plafonne la réduction d’impôt liée au quotient familial à 1.570 euros par demi-part supplémentaire (hors limites spécifiques). Dès lors, les familles peuvent bien souvent réaliser une économie financière plus importante en séparant le foyer fiscal de l’enfant majeur, afin de déduire de leur imposition la pension alimentaire qu’ils lui versent pour subvenir à ses besoins, notamment s’il est étudiant. Le plafond autorisé varie ici selon que le jeune vit avec ses parents (un forfait de 3.542 euros s’applique pour 2020) ou a son propre logement (jusqu’à 5.959 euros de frais justifiés pour 2020).

Faites le test

Vous hésitez entre le rattachement au foyer fiscal et la déduction de la pension alimentaire de votre enfant majeur ? En matière de fiscalité, il n’y a malheureusement pas de formule miracle : il faut toujours en passer par le calcul pour déterminer l’option la plus avantageuse. Il est toutefois assez simple d’effectuer des simulations en ligne sur le site officiel Impots.gouv.fr.