Ardennes : L’Etat ne soutiendra pas le projet de relocalisation de la production de vélos des cycles Mercier

VELOS L’aide de l’Etat sera maintenue pour d’autres projets dans le secteur

D.Bd avec AFP
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Un vélo électrique (illustration)
Un vélo électrique (illustration) — DR

Pas d’aides pour un retour de la fabrication de vélos dans les Ardennes. L’Etat a décidé de retirer son soutien au projet de relocalisation des cycles Mercier à Revin (Ardennes), sans en indiquer la cause, un projet pour lequel « plus de cinq millions » de subventions publiques étaient en jeu, a indiqué vendredi le préfet.

Mi-mars, la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault s’était félicitée sur place de ce projet, y voyant « le retour du développement industriel ».

Le retrait du soutien de l’Etat fragilise ce projet de relocalisation industrielle qui vise à rapatrier la production de vélos mécaniques et électriques fabriqués jusqu’à présent en Asie dans une nouvelle usine sur une ancienne friche industrielle de cette commune de 6.000 habitants, proche de la frontière belge.

« Des faits assez graves pour considérer qu’il n’est pas possible d’engager de l’argent public »

Au total, au moins cinq millions d’euros de subventions publiques – dont 800.000 euros de subvention du Fonds d’accélération des investissements industriels – devaient être alloués pour accompagner ce projet, qui prévoyait la création de 270 emplois sur le site d’ici cinq ans.

« À l’occasion de l’instruction du dossier, un certain nombre d’alertes nous sont parvenues qui ont suscité des investigations complémentaires et conduit l’Etat à indiquer qu’il ne peut pas finalement accorder les subventions qui étaient prévues », a déclaré le préfet des Ardennes, Jean-Sébastien Lamontagne, confirmant une information de l'Union/l'Ardennais.

Le préfet n’a pas révélé les raisons de cette décision, précisant simplement que « les services de l’Etat ont relevé des faits suffisamment graves pour considérer en responsabilité qu’il n’est pas possible d’engager de l’argent public ».

D’autres projets à venir avec l’enveloppe prévue

L’Etat a toutefois pris des « engagements » pour « redéployer les aides publiques qui devaient être consacrées à ce projet » vers « d’autres projets ardennais pour qu’elles ne soient pas perdues pour le territoire, prioritairement du secteur de Revin ».

Dans un communiqué publié jeudi soir, le président de la région Grand-Est Jean Rottner a demandé à l’Etat de « revenir sur cette décision » et de « maintenir son soutien » au projet, évoquant une « incompréhension et un sentiment d’abandon ».

« Ce revirement de l’Etat entraîne une grande frustration et beaucoup de déception pour l’entreprise, pour nous, les collectivités locales, et pour tout un territoire », a-t-il déploré.