L'UE remet le couvert sur la TVA

— 

C'est un vieux serpent de mer qui pourrait enfin disparaître. Depuis des années, la France demande à l'Union européenne le droit d'appliquer une TVA inférieure au minimum communautaire de 15 % dans la restauration. Les ministres européens des Finances, qui se réunissent demain, pourraient enfin lever l'interdit. L'Allemagne, opposante historique à cette TVA réduite, a accepté la semaine dernière d'autoriser la mise en place de cette exception. Certains pays émettent toutefois des réserves, notamment le Danemark, qui n'apprécie pas le principe même des taux réduits.

Le ministre du Budget, Eric Woerth, a confirmé cet abaissement dès que l'UE aura donné son feu vert et chiffré à « probablement un milliard d'euros » le coût pour les finances publiques. L'Union des métiers de l'industrie hôtelière (Umih) considère comme une « question de survie » la réduction de la TVA à 5,5 % dans la restauration, comme c'est déjà le cas pour les fast-foods, et s'apprête à négocier avec le gouvernement. Car si la France a besoin de l'accord européen pour baisser la TVA, c'est ensuite à l' Etat de fixer le nouveau montant.

Si un taux situé entre 10 et 12 % est évoqué, pour le moment, aucun chiffre n'a été avancé par le gouvernement, qui doit aussi négocier les contreparties avec le secteur : soit une baisse des prix pour le consommateur soit une hausse des salaires.

L'abaissement de la TVA dans la restauration ne date pas d'hier. Elle figurait déjà dans le programme du candidat Jacques Chirac pour l'élection présidentielle de 2002. ■