Bretagne : La Brittany Ferries renouvelle sa flotte pour tenter de repartir de l’avant

TRANSPORT MARITIME Plombée par la crise sanitaire et le Brexit, la compagnie Brittany Ferries a commandé deux nouveaux navires hybrides

Jérôme Gicquel

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Les deux navires hybrides commandées par la Brittany Ferries seront propulsés au gaz naturel liquéfié et seront équipés de batteries électriques.
Les deux navires hybrides commandées par la Brittany Ferries seront propulsés au gaz naturel liquéfié et seront équipés de batteries électriques. — Brittany Ferries
  • Brittany Ferries navigue en eaux troubles depuis un an et demi en raison de la crise sanitaire et du Brexit.
  • La saison estivale qui s’annonce sera encore pire que l’an dernier en raison des restrictions imposées aux voyageurs britanniques.
  • Pour préparer l’avenir, la compagnie, dont le siège est situé à Roscoff, renouvelle sa flotte avec des bateaux qui seront à l’avenir moins polluants.

Comment sortir la tête hors de l’eau ? Naviguant depuis cinquante ans, la Brittany Ferries est habituée aux tempêtes. Mais depuis près d’un an et demi, la compagnie, dont le siège est à Roscoff (Finistère), est plongée en eaux troubles avec une double crise qui l’impacte. La pandémie de coronavirus l’a bien sûr mise à l’arrêt, comme tous les acteurs du transport maritime, avec seulement 750.000 passagers transportés l’an dernier, contre 2,5 millions en 2019. Si cela n’était pas suffisant, le Brexit est venu plomber encore plus la compagnie, qui assure des liaisons transmanche au départ de la Bretagne et de la Normandie.

Le rayon de soleil ne sera pas non plus pour cet été car la saison est déjà gâchée avec la quarantaine instaurée au Royaume-Uni pour tout Britannique, même vacciné, arrivant de France. « La saison estivale ne sera pas bonne du tout », soupire Jean-Marc Roué, président du conseil de surveillance de la Brittany Ferries, tablant sur 350.000 voyageurs transportés, contre 500.000 en 2020. « Rien que la semaine dernière, 13.000 passagers ont annulé leur traversée en raison des nouvelles restrictions », souligne-t-il.

Deux navires propulsés au gaz naturel liquéfié bientôt livrés

Dans ce marasme, la Brittany Ferries a toutefois évité le naufrage grâce aux soutiens des pouvoirs publics qui ont multiplié les aides pour tenter de sauver ce fleuron français, qui emploie pas loin de 2.500 salariés. La compagnie veut également se tourner vers l’avenir après ces deux années noires avec un plan de relance sur cinq ans. Cela passe notamment par un renouvellement de sa flotte avec des navires qui seront à l’avenir moins polluants.

Cette transition est déjà en marche avec la mise en service fin 2020 du Galicia, un navire plus économe en carburant et moins émetteur de CO2, qui assure des croisières en direction de l’Espagne. Deux autres navires, le Salamanca et le Santoña, entreront également en service en 2022 et 2023 entre l’Angleterre et l’Espagne avec la particularité d’être propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL).

« Répondre aux enjeux de décarbonation »

Alors que le transport maritime est critiqué de toutes parts sur son impact écologique, la Brittany Ferries prévoit encore d’accentuer ce virage environnemental avec l’annonce ce mardi de la commande de deux navires hybrides qui seront propulsés au GNL et seront équipés de batteries électriques. Amenés à remplacer le Bretagne et le Normandie, ils assureront les liaisons Saint-Malo/Portsmouth et Caen-Ouistreham/Portsmouth à l’horizon 2024-2025.

« Il y a des enjeux de décarbonation auxquels il faut répondre et ces nouveaux bateaux préparent l’avenir », souligne Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne. Construits en Chine, pour « des raisons de délais », selon Jean-Marc Roué, les deux navires coûteront 220 millions d’euros à la compagnie. Sur le remplaçant de l’actuel Bretagne, la Brittany Ferries espère accueillir entre 35.000 et 40.000 passagers supplémentaires chaque année.