Coronavirus : « Moins de 10 % des chambres sont réservées »… A Paris, les hôtels s’inquiètent pour août

RESERVATIONS Selon un syndicat du secteur, ils seront nombreux à fermer leur porte faute de touristes

Nicolas Raffin
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Hôtel de Crillon (Illustration).
Hôtel de Crillon (Illustration). — ISA HARSIN/SIPA
  • Le GNI, représentant des hôtels indépendants, explique que de nombreux établissements fermeront en août à Paris.
  • En cause, le manque de touristes, notamment étrangers.
  • Sachant que les aides financières pour le secteur doivent s’arrêter ou diminuer à la fin de l’été.

Des couloirs vides et des clés qui restent désespérément accrochées à leur tableau. De nombreux hôtels parisiens n’ont pas fait le plein cet été, et les prochaines semaines pourraient être encore plus difficiles. « Dans les 15 jours, on estime que 70 % des hôtels parisiens [indépendants] vont refermer, faute de réservation », a assuré ce lundi le président du Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration (GNI) Île-de-France, Pascal Mousset, sur BFM Business.

C’est le cas par exemple d’un hôtel quatre étoiles situé dans le quartier Latin. « Nous avons décidé de ne pas ouvrir en août. D’habitude, le taux d’occupation de l’établissement varie entre 60 et 70 %. Là, on était à moins de 10 %, donc ce n’était pas la peine » confie le réceptionniste, qui préfère rester anonyme. « Depuis l’annonce d’Emmanuel Macron sur le renforcement du pass sanitaire, nous avons eu beaucoup d’annulations de clients étrangers », assure de son côté un employé d’un petit hôtel familial du Marais.

Des contraintes pour les touristes

La nouvelle flambée de Covid-19 et les restrictions annoncées ne sont en effet pas le meilleur argument marketing du monde. Par ailleurs, les citoyens de pays hors UE (Etats-Unis, Russie…) qui voudraient visiter les musées (à partir de mercredi), voire aller au restaurant ou tout simplement se poser en terrasse (après le vote du nouveau projet de loi) devront faire comme tout le monde : soit prouver qu’ils ont eu un vaccin reconnu par l’UE, soit faire des tests PCR ou antigéniques ( payants) toutes les 48 heures.

Du coup, les hôtels qui avaient l’habitude d’accueillir beaucoup de touristes étrangers en juillet-août font grise mine. Au Plaza Elysées (8e arrondissement), la vague d’annulations reçues ces derniers jours a fait douter la propriétaire, Isabelle Legros : « Pour l’instant, je ne ferme pas en août, mais je n’ai pas encore arrêté ma décision ». Vu le taux d’occupation très faible, les employés ont été mis au chômage partiel, la laissant quasiment seule. « Je fais des doubles journées, je m’occupe de tout, de la réception au petit-déjeuner, explique-t-elle. Les charges, en ce moment, c’est moi ! ».

« La question du dépôt de bilan se posera »

Comme les autres établissements, elle peut encore compter sur plusieurs aides de l’État aux entreprises. Outre le chômage partiel donc, le gouvernement maintient le fonds de solidarité (FDS) et l’aide « coûts fixes » pendant tout l’été. Mais à la rentrée, ces dispositifs devraient soit disparaître (comme le FDS), soit être moins subventionnés (comme l’activité partielle).

De quoi inquiéter Isabelle Legros : « Financièrement, c’est très tendu. Si l’activité ne redémarre pas dans les prochains mois et qu’ils arrêtent les aides, ce sera une catastrophe. La question du dépôt de bilan se posera clairement. » Une moindre fréquentation des établissements associée à d’éventuelles restrictions supplémentaires (couvre-feu…) pourrait sérieusement handicaper la reprise. Pas de quoi contrarier l’optimisme de Marion, propriétaire du bien nommé hôtel de l’Avenir, dans le 17e : « On a décidé de rester ouverts en août. Comme ça, tout le monde viendra chez nous ! ».