Coronavirus : Le variant Delta fait chuter les marchés boursiers

FINANCE Trois facteurs expliquent ces fluctuations : inflation élevée, propagation du variant Delta, hausse des prix du pétrole

20 Minutes avec AFP

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Wall Street à New York
Wall Street à New York — AFP

Les bourses mondiales reculaient lundi, en particulier en Europe, s’inquiétant du regain de contaminations au Covid-19 notamment à cause du variant Delta, et à l’heure où l’Angleterre lève ses restrictions. Sur le Vieux Continent, vers 11h45, la Bourse de Londres perdait 2,32 %, celle de Paris 2,50 % et celle de Francfort 2,65 %. La baisse atteignait même 3,15 % à Milan.

De l’autre côté de l’Atlantique, Wall Street s’orientait également vers une ouverture dans le rouge. Le contrat à terme sur l’indice vedette Dow Jones abandonnait ainsi 1,29 %, celui sur l’indice élargi S & P 500 1,11 %, et celui sur le Nasdaq, à forte dominante technologique, 0,88 %.

Inquiétudes pour la croissance

Et les marchés avaient déjà reculé plus tôt en Asie, poussés vers le bas par plusieurs facteurs : inflation élevée, propagation du variant Delta, hausse des prix du pétrole… Parmi les secteurs particulièrement touchés, les valeurs liées au tourisme, pâtissaient de la situation sanitaire et des nouvelles restrictions prises en Europe, à l’image du croisiériste Carnival à Londres (-7,50 %) ou les compagnies aériennes, Air France reculant de 4,61 % et Airbus de 4,45 % à Paris.

« Les inquiétudes sur la croissance future avec la progression de la souche Delta sont évidemment un sujet d’inquiétude », affirme Sebastian Paris Horvitz, analyste chez LBPAM. « Les inquiétudes au sujet des variants, des cas en hausse et d’une efficacité moindre des vaccins conspirent pour peser sur la confiance », renchérit Neil Wilson, analyste chez Markets.com. Dans ce contexte, les investisseurs rechignent à prendre des risques et préfèrent se retirer des marchés actions.

La hausse du nombre de cas de Covid-19 préoccupe

La demande se reporte sur le marché obligataire, jugé moins risqué, faisant en conséquence reculer les taux d’intérêt de la dette souveraine. Celui des obligations de l’Etat américain à 10 ans n’est ainsi plus qu’à 1,23 %, contre 1,29 % à la clôture de vendredi.

Sur le plan sanitaire, la hausse du nombre de cas de Covid-19 inquiète toutes les régions du monde, mais plus particulièrement l’Europe, où les autorités commencent à remettre en place des restrictions d’accès. En France, le Conseil des ministres en France adopte lundi un projet de loi intégrant l’obligation vaccinale des soignants et étendant le pass sanitaire. Le porte-parole du gouvernement a estimé qu’il y avait « une quatrième vague en train de décoller, avec une hausse de l’incidence qui est stratosphérique ».

A contre-courant cependant, l’Angleterre jette le masque et supprime la plupart des restrictions liées à la pandémie, une étape redoutée par nombre de scientifiques et de responsables politiques. Pour Richard Hunter chez Interactive Investor, « reste à savoir si le "Freedom Day​" va ajouter des inquiétudes supplémentaires » et si « cet assouplissement » conduira en fait dans les prochaines semaines à « un renforcement des restrictions, qui risquerait de retarder le retour à la réalité économique ».

Le pays reste le plus touché en Europe et a dépassé les 50.000 nouvelles contaminations quotidiennes deux jours de suite. Le médecin-chef des Etats-Unis a également déclaré dimanche être « profondément préoccupé » quant à la situation dans le pays à l’automne, tandis qu’à Tokyo, les craintes d’un cluster de coronavirus au Village olympique se renforcent à J-4 du début des Jeux.