Les sexes font encore la différence au travail

Angeline Benoit

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Ce n'est pas parce que la journée de la Femme tombe un dimanche, qu'il faut l'oublier. Au contraire, les syndicats ont tiré la sonnette d'alarme hier pour demander au gouvernement de légiférer pour... appliquer la loi. D'ici à la fin 2010, la loi du 23 mars 2006, relative à l'égalité salariale entre femmes et hommes, prévoit que les entreprises doivent avoir atteint l'égalité professionnelle et salariale totale. En réalité, la majorité n'a même pas commencé à analyser ses effectifs et à négocier des mesures de correction avec les syndicats. « Les dispositifs existent, il faut maintenant définir les sanctions », a résumé FO en réponse à la proposition du gouvernement de commander un rapport avant de lancer une concertation entre les partenaires sociaux.

« L'égalité professionnelle et salariale, nous en parlons depuis plus de trente ans. Mais il faut reconnaître que nous n'y sommes pas encore », admet la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard. Selon un sondage de la Halde commandé pour le 8 mars, une Française sur trois estime qu'elle serait mieux traitée au travail si elle était un homme (voir infographie), et la grossesse est considérée comme un obstacle professionnel par les deux sexes. Une situation qui ne s'explique pas uniquement par l'argument, au demeurant exact, selon lequel « les femmes sont moins bien payées du fait des emplois qu'elles occupent ». Car les patrons qui souhaitent réduire les écarts de salaire ou former des salarié(e)s peuvent signer avec l'Etat un contrat pour l'égalité professionnelle ou pour la mixité des emplois afin de recevoir des aides. Jusqu'ici, ils préfèrent militer contre les sanctions que profiter des carottes. ■