Rouen : Le projet de rachat de l’usine de recyclage de la Chapelle Darblay retardé

RECYCLAGE L’usine de recyclage de papier de Grand Couronne est la dernière de France

20 Minutes avec AFP
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A l'usine de la Chapelle Darblay en 2011. (archives)
A l'usine de la Chapelle Darblay en 2011. (archives) — ZIMERAY ALAIN/SIPA

Le projet de cession du dernier site de recyclage de papier en France, à Grand-Couronne, près de Rouen, est « retardé » par une demande d’expertise des salariés, a-t-on appris vendredi auprès de son propriétaire finlandais UPM. « Nous sommes en discussion avec Samfi et Paprec » qui projettent de racheter le site ensemble, mais « la décision est malheureusement retardée » jusqu’à septembre, car les représentants des salariés « ont demandé une expertise externe » sur le projet, a indiqué la direction d’UPM.

Selon le ministère de l’Industrie, cette offre de reprise de Samfi et Paprec dont « les activités sont complémentaires » est « actuellement la seule offre industrielle en présence ». Le projet Samfi/Paprec « développera très rapidement sur le site une activité de tri de papiers et cartons usagers » et concernera « 210 emplois », a tenu à repréciser le ministère. « 70 emplois seront créés à court terme par l’entreprise Paprec » parmi lesquels « 50 seront sur des activités de tri, transit, recyclage » et « 20 pour la chaudière biomasse qui serait convertie » auxquels s’ajoutent « 140 emplois supplémentaires créées par le groupe Samfi et sa filiale H2V », pour la production d’hydrogène.

Trois mois pour le rapport d'expert

« Il se trouve que le site de la Chapelle Darblay est bien doté pour ce faire puisqu’il est sur la Seine et relié à la ligne électrique haute tension, ce qui permet la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau », souligne le ministère de l’Industrie. Lors d’un CSE central, les salariés ont demandé une expertise afin d’en savoir plus sur ce projet industriel, a indiqué Arnaud Dauxerre élu au CSE central. L’expert a légalement trois mois pour boucler son rapport, selon Arnaud Dauxerre.

Ce représentant des cadres fait partie des cinq derniers salariés du site, après le licenciement de 228 personnes en 2020. Un accord avait été conclu pour préserver jusqu’en juin 2021 l’outil industriel de ce site baptisé la Chapelle Darblay. Les salariés espèrent que le temps de l’expertise permettra à un autre projet, moins avancé mais prometteur de plus d’emplois, de se concrétiser. Selon la CGT et Arnaud Dauxerre Veolia travaille aussi, avec le canadien Fibre excellence et le négociant en encres et consommables Têtu, sur un projet de rachat du site.

Selon Arnaud Dauxerre, le projet Veolia serait lui synonyme de « 250 emplois tout de suite, et 350 lorsqu’une machine supplémentaire aura été relancée ». Selon les salariés, le projet Veolia comprend notamment la fabrication de papier d’emballage et de papier d’isolation recyclé tandis que le projet Paprec serait de la collecte et revente de papiers et plastiques. En outre Arnaud Dauxerre affirme que le projet hydrogène de Samfi n’est pas financé. Samfi invest est une société « familiale » normande, actionnaire de H2V, une société qui a des projets de sites de production d’hydrogène. Samfi est également présent dans l’immobilier et les transports notamment.