Chômage : Avec le plan « Un jeune, une solution », l’exécutif estime avoir limité la casse

BILAN Le gouvernement assure que le dispositif, lancé à l’été 2020, a permis d’enrayer l’explosion du chômage chez les moins de 25 ans

Nicolas Raffin
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Illustration d'une élève dans un centre d'apprentissage. .
Illustration d'une élève dans un centre d'apprentissage. . — Mourad Allili
  • Le gouvernement a présenté ce jeudi le bilan du plan « Un jeune, une solution ».
  • Les 9 milliards d’euros dépensés auront limité l’augmentation du chômage et des jeunes sans formation.
  • Le dispositif pourrait être poursuivi en 2022.

Son ambition était de « ne laisser personne au bord de la route ». Lancé l’été dernier, le plan « Un jeune, une solution » devait éviter à des dizaines de milliers de jeunes touchés par la crise liée au Covid-19 de se retrouver au chômage ou sans formation. Mission accomplie, selon Elisabeth Borne. La ministre a présenté ce jeudi un premier bilan du dispositif, et s’est montrée plutôt satisfaite des résultats.

Pour rappel, ce plan comportait plusieurs leviers : aides financières accordées aux entreprises recrutant des jeunes (CDD de plus de trois mois, CDI ou alternance), missions de service civique, formations spécifiques pour les décrocheurs, plateforme centralisant les offres d’emploi… Au total, l’État a mis 9 milliards d’euros sur la table pour limiter la casse.

Une progression contenue du chômage des jeunes

Résultat ? « Plus de deux millions de jeunes ont bénéficié d’une des solutions du plan », affirme Elisabeth Borne. Pour arriver à ce total, le gouvernement a additionné le nombre de 16-25 ans entrés en « parcours d’insertion » (accompagnement par les missions locales, garantie jeune…), ceux en formation, mais aussi le nombre de primes à l’embauche réclamées par les entreprises (cf graphique ci-dessous).

Bilan du plan « Un jeune, une solution » par 20 Minutes

L’exécutif estime que ces primes – comprises entre 4.000 et 8.000 euros par jeune embauché – ont permis d’éviter le pire. « Nous avons réussi à maintenir le niveau d’embauche et à contenir l’augmentation du chômage », s’est félicitée la ministre du Travail. De fait, selon les données de Pôle Emploi, le nombre de moins de 25 ans inscrits en catégorie A n’a augmenté « que » de 7,8 % en 2020. En comparaison, ce chiffre avait bondi de 40 % en un an lors de la crise économique de 2008.

Des NEET toujours plus nombreux

L’aide financière de l’État a donc été précieuse, même s’il y a encore des trous dans la raquette. Ainsi, le nombre de jeunes « NEET » – ni en emploi, ni en formation – a continué de progresser malgré la mise en place du plan, censé justement empêcher ce phénomène. D’après l’Insee, 13,1 % des 15-29 ans étaient dans cette situation en début d’année, contre 12,3 % avant la crise.

« Avec la crise, il y a eu un flux d’entrées [dans les NEET] qui est venu s’ajouter au stock de jeunes déjà en galère depuis des années. Cela ne va pas s’évaporer instantanément », a justifié Elisabeth Borne. La ministre du Travail a néanmoins reconnu qu’ « un des défis sera d’aller chercher ceux qui sont les plus éloignés [de l’emploi ou d’une formation] et de trouver la bonne façon de les ramener ».

Stop ou encore ?

Et pour l’exécutif, cela pourrait passer par la « garantie jeune universelle ». Actuellement, un peu plus de 100.000 jeunes en bénéficient : pendant 18 mois maximum, ils sont accompagnés pour trouver un emploi et une formation et ont droit à une indemnité de 500 euros par mois. A terme, le gouvernement veut permettre à l’ensemble des « décrocheurs » âgés de 16 à 25 ans d’en bénéficier. Une forme de réponse à ceux qui réclament la création d’un « RSA jeune ».

Quant au reste du plan « Un jeune, une solution », budgété jusqu’à fin 2021, Elisabeth Borne n’a pas caché son intention de vouloir le poursuivre après cette date. « Les discussions sont en cours. Mon ambition, et je pense qu’elle est partagée par Emmanuel Macron, c’est qu’on ne doit pas baisser la garde. Le problème de la jeunesse ne va pas être réglé en décembre 2021 ». Et comme 2022 sera une année d’élection présidentielle, le gouvernement a bien conscience que ses mesures de soutien seront scrutées de très près par les jeunes électeurs.