Hauts-de-France : Le tourisme se développe, mais crée-t-il des emplois ?

EMPLOI Une étude de l’Insee entend démontrer que le secteur du tourisme dans les Hauts-de-France ne représente qu’une faible part de l’emploi local. Un postulat qui était vrai il y a cinq ans mais qui tend à changer aujourd’hui

Mikaël Libert
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Le secteur du tourisme est-il pourvoyeur d'emplois?
Le secteur du tourisme est-il pourvoyeur d'emplois? — SYSPEO/SIPA
  • En 2017, selon l’Insee, la moyenne de l’emploi touristique dans les Hauts-de-France était la plus basse de France.
  • Des chiffres qui ont tendance à évoluer à la hausse depuis cinq ans grâce à une meilleure attractivité de la région.
  • C’est toujours la métropole lilloise qui pèse le plus lourd dans la répartition de l’emploi touristique.

Le tourisme profite-t-il à l’emploi local ? Sans vouloir être désagréable, force est de constater que les Hauts-de-France ne sont pas les lieux les plus touristiques de France. Pourtant, la région part de tellement loin que, finalement, elle ne s’en tire pas si mal. L’année 2019 a été la meilleure jamais enregistrée, avec 12 millions de nuitées vendues dans les hôtels en campings de la région et 6,22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Loin, très loin des 70 millions de nuitées et 21 milliards de CA de l’Ile-de-France, première région touristique française. En termes d’emplois liés à ce secteur, les choses bougent doucement, mais il reste du travail.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient de publier une étude sur la contribution du tourisme à l’emploi local dans les Hauts-de-France. Si le constat n’est pas reluisant, il convient néanmoins de le relativiser, les chiffres utilisés remontant à 2017. A cette époque, donc, l’Insee avait comptabilisé 52.700 emplois dépendant du tourisme. Hôtellerie, restauration, culture, loisirs… Rapporté au chiffre de l’emploi tous secteurs confondus sur la région, cela ne représentait que 2,6 %. « Ce ratio est le plus faible observé dans les régions de province », note l’Institut, la moyenne nationale étant établie à 4,1 %.

Les Hauts-de-France, « une vraie destination touristique »

Pour le Comité régional du tourisme et des congrès des Hauts-de-France, même à l’époque, le compte n’y est pas : « Il y a certes les 50.000 emplois liés à l’activité touristique locale, mais aussi les près de 20.000 emplois liés aux transports », nous explique-t-on. Un changement qui nous fait passer de la dernière à la 7e place… « C’était moins vrai avant, mais nous sommes aujourd’hui clairement devenus une vraie destination touristique », renchérit François Navarro, directeur général de Hello Lille, agence d’attractivité.

Selon la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) régionale, les seuls domaines de l’hôtellerie, la restauration et les débits de boissons totalisaient plus de 70.000 salariés avant la crise du Covid, en 2019. Soit près de 6 % de l’emploi local. Un bond de trois points en quelques années que le patron de Hello Lille explique facilement : « Il y a aujourd’hui davantage d’hôtels, environ un millier de chambres en plus. Mais il y a aussi davantage de grands événements comme des congrès ou des manifestations sportives internationales. Tout cela génère des flux de touristes et donc de l’emploi », assure François Navarro.

Ce qui ne change pas, c’est la position de la métropole lilloise comme locomotive du tourisme régional. L’agence d’attractivité estime que la MEL génère entre 60 et 70 % des retombées touristiques de la région. « En 2020, la métropole concentrait 32.000 emplois liés au tourisme », note encore Hello Lille.