Une récession exceptionnelle et historique

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Annus horribilis pour l'économie française. Le gouvernement a encore revu ses prévisions de croissance à la baisse, et considère désormais que le produit intérieur brut (PIB) va reculer de 1,5 % en 2009. « Depuis la Seconde Guerre mondiale, il n'y a eu que deux récessions : - 1 % en 1975 et - 0,9 % en 1993. C'est du jamais vu », explique Nicolas Bouzou, économiste chez Asteres.

Les conséquences de ce recul de l'activité vont se faire sentir sur l'emploi, avec 300 000 destructions de postes en 2009. Les finances publiques vont aussi être très affectées. Selon le ministère du Budget, le seul déficit de l'Etat devrait être supérieur à 100 milliards d'euros, soit 5,2 % du PIB, au-delà des 3 % autorisés par Bruxelles. En ajoutant la Sécurité sociale et les collectivités territoriales, le déficit public pourrait atteindre 5,5 %. Cependant, Christine Lagarde a souligné que « nous sommes plus près de la relance que beaucoup de nos voisins ». Pour Nicolas Bouzou, « la France s'en sortira peut-être un peu mieux. Avec les prestations sociales, les chômeurs n'arrêtent pas de consommer du jour au lendemain. » En Italie, le gouvernement s'attend à un recul du PIB de l'ordre de 2 %, comme la moyenne des pays de la zone euro. Au Royaume-Uni, le scénario est encore plus sombre : le FMI prévoit une contraction de 2,8 % de l'activité. L'administration Obama se veut plus optimiste, et anticipe un recul de 1,2 % du PIB en 2009 et le retour de la croissance dès 2010 aux Etats-Unis. ■Louis Moulin