La planète finance en chute libre

Angeline Benoit

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Nouvelle panique sur les marchés. Les Bourses ont brutalement chuté hier (voir l'infographie ci-contre), Wall Street se retrouvant au plus bas depuis douze ans, et Londres depuis presque six. A l'origine de la débâcle, une croissance chancelante en Asie et les déboires de l'assureur américain AIG. Ce dernier a fait trembler les banques du monde entier en annonçant une perte de 100 milliards de dollars en 2008, ce qui représente plus que la recette annuelle de l'Etat français au titre de l'impôt sur le revenu. Pour empêcher tous ses partenaires financiers de plonger, le Trésor américain a consenti en urgence un prêt de 30 milliards de dollars et une prise de participation dans ses filiales. Mais les analystes commencent à douter de sa capacité à renflouer ad vitam æternam l'assureur frappé de plein fouet par la crise immobilière américaine et ses répercussions financières. Dans ce contexte, la banque HSBC a aussi suscité l'inquiétude, en annonçant une augmentation de capital de 18 milliards de dollars, après une chute de 62 % de son bénéfice en 2008, à 9 milliards de dollars. « Le groupe sort renforcé de l'année la plus difficile de l'histoire bancaire », ont protesté ses dirigeants, hier à Paris. « Notre stratégie de gestion financière prudente reste intacte. Nous renforçons nos fonds propres face à un avenir incertain et pour ne pas avoir recours à une aide de l'Etat, contrairement à de nombreux concurrents. » ■