Cet été, les touristes en France seront européens et peu nombreux

PLUS PRES Le Royaume-Uni, qui reste classé « orange » par la France, avait envoyé 13 millions de touristes dans l’Hexagone en 2019 sur les 72 millions de Britanniques partis à l’étranger

M.P. avec AFP

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Des touristes se prennent en photo à Toulouse, à l'été 2020.
Des touristes se prennent en photo à Toulouse, à l'été 2020. — FRED SCHEIBER/SIPA

Depuis deux semaines, le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, fait le tour des capitales européennes pour vanter la destination France cet été. Il a également rencontré des voyagistes des Etats-Unis, passés avec le Canada jeudi « au vert » signifiant qu’Américains et Canadiens vaccinés peuvent désormais venir en France.

L’objectif est de capter la clientèle pour que la France garde sa place de première destination touristique mondiale qui lui a rapporté, en 2019, 57 milliards d’euros (7,5 % du PIB). Le « retour à la normale » sera cependant perturbé par les différentes politiques vaccinales, les classements des pays par couleurs, les craintes sanitaires du Covid-19 et la concurrence de l’Espagne, l’Italie et la Grèce.

« Il y a un gros retard auprès des clientèles allemandes »

Pass sanitaire, pays classés vert, rouge ou orange, situation vaccinale, quarantaine à l’aller ou au retour… Les touristes étrangers qui viendront passer leurs vacances en France cet été devraient donc être essentiellement européens et peu nombreux. La clientèle étrangère sera « essentiellement européenne », a confirmé Didier Arino, dirigeant de la société de conseil Protourisme qui note « une très forte poussée des clientèles du sud de l’Europe, des Espagnols et des Italiens, au niveau des réservations ».

«Il y a un gros retard auprès des clientèles allemandes et bien évidemment britanniques, a-t-il encore souligné. Certains pays comme l’Allemagne nous avaient classés en zone difficile, orange, ce qui a une influence sur leur comportement. » Le Royaume-Uni, qui reste classé « orange » par la France, avait envoyé 13 millions de touristes dans l’Hexagone en 2019 sur les 72 millions de Britanniques partis à l’étranger, selon l’ambassadeur de France à Londres qui s’exprimait début juin dans une visioconférence avec ses homologues et Jean-Baptiste Lemoyne.

« Les vacances en France font partie des droits fondamentaux »

« On rattrape le retard sur la clientèle néerlandaise », a noté Didier Arino. Aux Pays-Bas, « les vacances en France font partie des droits fondamentaux », avait souligné avec humour l’ambassadeur de France aux Pays-Bas début juin. La France est la première destination touristique de ce pays dont 50 % de la population part en vacances à l’étranger, selon lui.

Les Néerlandais représentaient avant la crise 10 % de la clientèle des campings (les Allemands 7 %, les Anglais 5 %, les Belges 4 % pour 69 % de Français), selon Sébastien Manceau, associé expert du tourisme au sein du cabinet Roland Berger. Des pourcentages prévus à la baisse cette année. « D’habitude, Allemands et Néerlandais représentent 30 % de nos clients, là ce sera 10 % », confirme Quentin Schaepelynck, directeur général de Homair Vacances, spécialisé dans les séjours en mobil-home.

Merci « Emily in Paris » et « Lupin »

Au-delà de l’Europe, les Etats-Unis qui viennent de passer au « vert » restent friands de la France, poussés « par les séries » comme Emily in Paris ou Lupin, selon l’ambassadeur de France à Washington. Quant aux Asiatiques, « on ne les reverra pas avant longtemps », selon Didier Arino, « parce qu’ils ne sont que très peu vaccinés et parce qu’ils ont réussi à maîtriser la pandémie en fermant les frontières : ils n’ont aucun intérêt à les ouvrir pour que leurs ressortissants reviennent dans nos contrées ».

Si la France ne s’attend pas à retrouver ses touristes internationaux immédiatement, elle espère combler ce manque par le tourisme national. « Cette année, 38 millions de Français partiront en vacances ou en court séjour, et 35 millions partiront en vacances en hébergement marchand ou en court séjour marchand, en juillet-août », selon Didier Arino. « Cela représente déjà, par rapport à 2020, une année record, deux millions de personnes en plus. On va être dans le record du record », assure-t-il.