Aéroports de Paris: 700 manifestants contre un projet jugé «injustifié» de baisses de salaire

PRIVATISATION Un accord de rupture conventionnelle collective avait été signée par les organisations syndicales en décembre 2020

20 Minutes avec AFP

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L'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle devrait connaître un sérieux agrandissement.
L'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle devrait connaître un sérieux agrandissement. — JOEL SAGET / AFP

Quelque 700 manifestants ont défilé sur les routes de Aéroports de Paris (ADP) à Roissy, ce vendredi, pour demander le retrait d’un plan impliquant des baisses de salaire pour faire face à la crise du Covid-19. Les manifestants répondaient au préavis de grève déposé par deux syndicats d’ADP, la CGT (Confédération générale du travail) et la CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres), pour le week-end du 18 au 20 juin, avant une nouvelle mobilisation prévue du 1er au 5 juillet, premier grand week-end de départs de l’été.

« ADP = rentabilité faire plus avec moins », « Non aux suppressions des primes », les pancartes brandies traduisaient bien les revendications des manifestants, qui ont défilé dans le calme jusque devant le siège d’ADP, perturbant momentanément l’accès à des terminaux. Une centaine de personnes étaient également rassemblées à l’aéroport d’Orly.

« Ils se servent du Covid pour essorer la masse salariale »

Les salariés mobilisés sont essentiellement des opérationnels mais d’autres appartiennent aux services administratifs ou d’ingénierie. « La direction nous fatigue psychologiquement et financièrement », peste Ramesh Monsard, 44 ans dont 20 à gérer les parkings de la plateforme, sur des horaires décalés. « Ils se servent du Covid-19 pour essorer la masse salariale. Ils veulent nous dégoûter : si on ne signe pas (l’avenant au contrat de travail), on est dehors », abonde sa collègue Eva Leroi, 46 ans.

Le plan d’adaptation des contrats de travail (PACT) prévoit de supprimer certaines primes, comme l’indemnité kilométrique, ce qui aboutirait à des baisses de salaire allant de 4 à 8 %, selon la direction. En cas de refus, le salarié s’expose à un licenciement par le biais d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

La crainte de la privatisation

Les organisations syndicales évoquent, en sus, des baisses de revenus pouvant aller jusqu’à « un mois de salaire » et des mobilités géographiques contraintes. Le 21 mai, le comité social et économique (CSE) d’ADP s’est prononcé contre le projet. La direction explique ces mesures pour la nécessité de réaliser des économies dans un contexte de pandémie qui a considérablement affecté l’activité du groupe, dont l’État est actionnaire majoritaire.

« Ce n’est pas justifié. L’entreprise se porte bien, le trafic aérien va reprendre… On sait que ce qu’ils préparent derrière, c’est la privatisation », lâche Pascal Durieux, responsable proximité CGT chez les pompiers d’ADP, veste jaune « fire rescue » sur le dos. La direction a déjà signé en décembre avec tous les syndicats représentatifs – CGT, CFE-CGC et Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) – un accord pour une rupture conventionnelle collective (RCC) qui prévoit 1.150 départs en 2021, dont 700 non remplacés.