Sidérurgie : Trois groupes prêts pour racheter à Liberty Steel ses usines d’Ascoval et d’Hayange

ACQUISITIONS Selon les syndicats, Saarstahl, Beltrame et ArcelorMittal, sont intéressés par l’aciérie Ascoval dans le Nord et l’usine de rails d’Hayange en Moselle

20 Minutes avec AFP

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Des tenues de l’aciérie Ascoval dans le Nord.
Des tenues de l’aciérie Ascoval dans le Nord. — Sarah Alcalay / SIPA

Détenues par le groupe sidérurgique britannique Liberty Steel, en grande difficulté financière, l’aciérie Ascoval dans le Nord et l’usine de rails d'Hayange en Moselle suscitent les convoitises. Trois groupes, Saarstahl, Beltrame et ArcelorMittal, sont en effet intéressés pour les reprendre, a-t-on appris mercredi de sources syndicales.

Les Aciéries de Venise, qui faisaient partie du dernier carré des candidats à la reprise et envisageaient de remettre « 23 millions (d’euros) de la dette », ont finalement jeté l’éponge dans la soirée, ont indiqué Nacim Bardi, délégué CGT à Ascoval et Djamal Hamdani, délégué CFDT à Hayange. Ce jeudi à partir de 8 heures 30, les deux sites ont un CSE extraordinaire en visioconférence « avec trois quarts d’heure d’entretien avec chacun » des désormais trois repreneurs potentiels, a précisé Djamal Hamdani.

Un euro symbolique

Saarstahl, « qui ne voulait pas d’Ascoval il y a un an et demi » et réclamait « des aides de l’Etat entre 50 et 60 millions d’euros », a finalement « revu sa copie » mercredi soir et ne demande maintenant plus d’aides, a ajouté le syndicaliste. ArcelorMittal et Beltrame n’en demandaient pas, a-t-il indiqué. Au final, les trois candidats restant « achèteraient chaque site un euro symbolique ». Saarsthal a en outre indiqué dans un communiqué vouloir faire de Hayange « un actif clef pour contribuer à la stratégie européenne de transition écologique des mobilités » et d’Ascoval « le pivot de l’acier vert » de son groupe.

Chaque site aura un nouveau CSE indépendant lundi à 16 heures 30. « Le gouvernement veut boucler tout pour la fin du mois », a ajouté Djamal Hamdani. Selon le délégué CGT d’Ascoval, Nacim Bardi, « le problème c’est que Liberty n’a pas dit officiellement : "Je cède les sites" ». Avant le retrait des Aciéries de Venise, une source proche de la direction d’Ascoval avait confirmé quatre offres de reprise « sérieuses », mais souligné la « complexité juridique » du processus, qui devrait être bouclé selon elle au 15 juillet. « Il faut que Liberty soit d’accord de vendre (…) La procédure privilégiée est celle dite "prepack cession", une opération d’acquisition sans passer par une procédure collective de sauvegarde ou de redressement judiciaire », a-t-elle ajouté. Surtout, « l’Etat, ayant mis beaucoup d’argent, dans un secteur stratégique, estime qu’il a son mot à dire ». Le feuilleton n'est donc pas terminé.