Toulouse : Le secteur aéroportuaire lance un cri d'alarme pour éviter de supprimer 8.000 emplois

ECONOMIE Alors que les aides à l’activité partielle changent au 1er juillet, les patrons du secteur aéroportuaire toulousain craignent de devoir se séparer de 8.000 salariés si le gouvernement ne change pas sa copie

Béatrice Colin

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Au sein de l'aéroport de Toulouse-Blagnac en période de Covid-19.
Au sein de l'aéroport de Toulouse-Blagnac en période de Covid-19. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • Il y a quatre mois, les entreprises du secteur aéroportuaire, qui gère aussi bien l’accueil des voyageurs que les plateaux-repas, ont décidé de se structurer en association.
  • Le 1er juillet, les aides liées à l’activité partielle changent et selon la toute nouvelle Association des métiers aéroportuaires, cela pourrait avoir une incidence sur l’emploi dans leur secteur.
  • A Toulouse, si le gouvernement ne revoit pas les condition d'attribution de ces aides, cela pourrait entraîner la suppression de 8.000 postes dans le secteur aéroportuaire.

Ils sont bagagistes, hôtesses d’accueil dans les aéroports ou encore préparateurs de repas pour les avions. Autant de métiers de l’ombre sans qui les avions ne pourraient pas voler et qui ont été touchés de plein fouet par la crise du secteur aérien née de l’épidémie de coronavirus.

Ce dernier a enregistré une chute de trafic de 86,3 % au premier trimestre 2021 en France comparé à la même période en 2019. A Toulouse, l’aéroport envisage une reprise d’activités à hauteur de 42 % pour cet été, pas assez pour maintenir le secteur et ses salariés à flot. Alors que 3.000 emplois saisonniers n’ont pas été créés cette année, plus de 8.000 emplois directs et indirects seraient d’ores et déjà menacés sur la plateforme aéroportuaire.

Pour éviter de supprimer ces postes non délocalisables, mais aussi non interchangeables, les responsables des entreprises du secteur ont décidé il y a quatre mois de se structurer au sein de l’Association des métiers de l’aéroportuaire pour se faire entendre auprès du gouvernement.

Prolonger l’activité partielle

Ils redoutent notamment le changement annoncé au 1er juillet en matière d’activité partielle sans reste à charge pour l’employeur. A compter de cette date, son attribution sera soumise à une baisse d’activité de 80 %. « Or nous serons à une baisse d’activité oscillant entre -75 % et -70 %, cela va générer des pertes. Jusqu’à présent nous avons fait en sorte d’éviter les plans de restructurations grâce aux mesures d’activité partielle, mais si elles s’arrêtent, cela va être compliqué », relève Matthieu Jeandel, vice-président de Newrest, entreprise toulousaine spécialisée dans le catering, la livraison de plateaux-repas en vol.

Si l’activité reprend un peu, elle n’est pas assez importante pour occuper à plein temps les salariés. Un bagagiste va ainsi intervenir sur deux fois moins de vols qu’avant. « Et que fait-il en attendant entre les vols ? On ne peut pas les mettre au repos », insiste Matthieu Jeandel. Depuis le début de la crise, comme de nombreuses autres, son entreprise a enregistré une baisse énorme de chiffre d’affaires.

Pour éviter le crash, les membres de l’association demandent donc au gouvernement, le maintien de l’activité partielle sans seuil de perte de chiffre d’affaires un certain temps. « On ne demande pas un chèque en blanc. Le but, ce n’est pas d’être perfusé, c’est d’avoir une activité partielle maintenue jusqu’au 31 octobre dans notre secteur, de ne pas débrancher trop vite les mécanismes de soutien. Et, après, de regarder pour une activité partielle de longue durée adaptée », propose Marie Bodin de City One, société qui s’occupe notamment de l’orientation des passagers dans les aérogares. Depuis des semaines, ils font chauffer leurs téléphones auprès des cabinets des ministres. Histoire de limiter la casse.