Rennes : InterDigital (ex-Technicolor) va supprimer 60 postes d’ingénieurs

SOCIAL Les syndicats dénoncent le comportement « inacceptable » d’un groupe qui « a bénéficié de l’argent public »

J.G. avec AFP

— 

Le laboratoire de Cesson-Sévigné avait été racheté en 2019 par InterDigital au groupe français Technicolor.
Le laboratoire de Cesson-Sévigné avait été racheté en 2019 par InterDigital au groupe français Technicolor. — Google Street View

C’est la douche froide au laboratoire InterDigital à Cesson-Sévigné près de Rennes. En fin de semaine, le groupe américain a annoncé la suppression de 60 postes sur le site, qu’il avait racheté en 2019 au groupe français Technicolor. « La direction du groupe vient d’annoncer aux représentants du personnel l’ouverture de la procédure légale pour un plan de suppression d’emploi massif de plus de 40 % de l’effectif », a dénoncé l’intersyndicale Sud-CFDT dans un communiqué.

La direction a confirmé la suppression de 60 postes sur 180 ingénieurs-chercheurs. « Toute l’industrie de la post-production est en pleine crise avec le Covid », a déclaré un porte-parole. Il a indiqué qu’InterDigital supprimait une partie des postes dans des « activités extrêmement intéressantes », mais qui ne correspondaient pas à son modèle économique et d’autres qui faisaient l’objet d’un contrat avec Technicolor. « Il y a eu des difficultés de paiement ces douze derniers mois. C’était une activité qui n’avait plus d’avenir pour nous », a ajouté ce porte-parole.

« Un groupe en excellente santé financière », selon les syndicats

Les syndicats ont jugé ce plan social « inacceptable pour un groupe en excellente santé financière qui se vante d’avoir encore augmenté ses profits pendant la pandémie et qui a par exemple, racheté sur ces cinq dernières années pour près de 380 millions de dollars de ses propres actions dans le seul but d’en faire monter le cours ». « Ce comportement est inacceptable pour un groupe qui a bénéficié de l’argent public à hauteur de 12 millions d’euros de Crédit Impôt Recherche en 2020 », ajoutent-ils.

Bertrand Chupeau, délégué syndical CFDT, a regretté une « réorganisation brutale qui tombe sans prévenir alors que l’entreprise présente d’excellents résultats ». La direction a assuré qu’aucun licenciement n’aurait lieu avant la fin du mois de septembre et que le laboratoire de Rennes demeurerait le plus important d’InterDigital dans le monde.