Coronavirus : Un budget rectificatif entre « quoi qu’il en coûte » et sortie de crise en conseil des ministres

FINANCES Le gouvernement doit adopter mercredi en conseil des ministres un projet de budget rectifié

20 Minutes avec AFP
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Le gouvernement doit adopter mercredi en conseil des ministres un projet de budget rectifié (Archives)
Le gouvernement doit adopter mercredi en conseil des ministres un projet de budget rectifié (Archives) — CYRIL MOREAU-POOL/SIPA

Contraint par la persistance de l’épidémie de Covid-19 qui retarde les perspectives d’une reprise normale de l’activité, le gouvernement doit adopter mercredi en conseil des ministres un projet de budget rectifié. Il est doté de près de 20 milliards d’euros supplémentaires, dont l’essentiel vient renflouer les dispositifs d’aide aux entreprises.

Pour continuer de soutenir les entreprises, au moins jusqu’à fin août, le gouvernement doit en effet réabonder les dispositifs d’aides d’urgence mis en place depuis le début de la crise sanitaire.

6,4 milliards d’euros pour financer l’activité partielle

Une enveloppe de 6,4 milliards d’euros ira au financement de l’activité partielle, même si le reste à charge pour les entreprises doit progressivement augmenter à partir de ce mois de juin.

Le fonds de solidarité sera lui doté de 3,4 milliards d’euros supplémentaires, après 6,7 milliards déjà rajoutés début mai, tandis que les compensations d’exonérations de charges coûteront 4 milliards de plus. Enfin, 200 millions iront à la compensation des pertes de recettes des régies locales.

Affichant une certaine « prudence », le gouvernement se réserve également une enveloppe de 1,5 milliard d’euros pour des « dépenses accidentelles et imprévisibles ».

Troisième version de la prime Macron défiscalisée

A ces 15,5 milliards s’ajoutent 2,8 milliards d’euros de dépenses sur des comptes spéciaux de l’Etat : 2 milliards pour abonder l’enveloppe dédiée à la gestion des participations de l’Etat, 600 millions d’euros pour contribuer au fonds de transition de 3 milliards d’euros annoncé mardi par Bruno le Maire, et 200 millions pour le budget du contrôle et de l’exploitation aériens.

Par ailleurs, le texte actera la prolongation de l’accès aux prêts garantis par l’Etat (PGE) jusqu’à la fin de l’année, l’assouplissement du mécanisme de report en arrière des déficits de 2020 qui permet de renflouer la trésorerie des entreprises, la troisième version de la prime Macron défiscalisée, ou encore l’augmentation à 75 % du taux de réduction d’impôt sur les dons aux associations cultuelles.

700 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence

L’exécutif a annoncé plusieurs dépenses supplémentaires, hors aides d’urgence, en lien plus ou moins direct avec la crise sanitaire.

Sont prévus 700 millions d’euros pour financer le maintien des places d’hébergement d’urgence, près de 400 millions d’euros pour les indemnisations d’agriculteurs touchés par le gel début avril, ainsi que 400 millions d’euros pour le « Pass’Sport » à destination des jeunes, une aide à la collectivité de Nouvelle Calédonie ou encore le financement de l’opération « Quartiers d’été », destinée à animer les quartiers défavorisés.

Ces mesures seront toutefois financées via des économies sur d’autres dépenses, a précisé Bercy, et ne contribueront donc pas au creusement du déficit public.

Redéploiements dans le plan de relance

Ces derniers mois, le gouvernement a annoncé un renforcement de plusieurs enveloppes du fonds de relance (industrie du futur, fonds friches) : 500 millions d’euros seront donc transférés du volet Ecologie au volet Compétitivité, mais ce transfert sera compensé via les fonds du programme d’investissement d’avenir (PIA).

Les nouvelles dépenses incluses dans ce projet de budget rectifié obligent le gouvernement à ajuster ses prévisions macroéconomiques. Alors que la prévision de croissance reste fixée à 5 % cette année, le déficit public devrait se creuser à 9,4 % du PIB, après 9,2 % l’an dernier et une prévision initiale de 8,5 % pour 2021.

Le gonflement du déficit s’explique aussi par le report de près de 29 milliards d’euros de crédits de 2020 non dépensés vers 2021. La dette publique est attendue en hausse à 117,2 %, après 115,1 % en 2020. Dans la loi de finance initiale, le gouvernement avait tablé sur près de 122 %.