Morbihan : Renault demande à la justice de débloquer sa Fonderie de Bretagne

MOUVEMENT SOCIAL Des salariés opposés à la vente du site bloquent les accès à l'usine de Caudan

C.A. avec AFP

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Des salariés de la Fonderie de Bretagne étaient mobilisés devant le tribunal de Lorient au moment de l'audience réclamée par Renault, désireux de lever le blocage du site industriel de Caudan (Morbihan).
Des salariés de la Fonderie de Bretagne étaient mobilisés devant le tribunal de Lorient au moment de l'audience réclamée par Renault, désireux de lever le blocage du site industriel de Caudan (Morbihan). — AFP

Elle est occupée depuis cinq semaines par 150 salariés grévistes. Mobilisés contre le projet de vente par Renault, les salariés de la Fonderie de Bretagne vont-ils être délogés par les forces de l’ordre ? C’est en tout cas la demande formulée par le constructeur automobile français, qui a saisi le tribunal de Lorient afin d’ordonner la levée du blocage de l'usine.

Le site de Renault emploie environ 350 personnes sur le site de Caudan (Morbihan) où il fabrique des bras de suspension, des collecteurs et coudes d’échappement, ainsi que des différentiels de boîte de vitesses. Depuis plus d’un mois, les accès à l’usine sont bloqués par des manifestants opposés à la cession de la fonderie. « Il y a un blocage total des entrées et sortie du site qui ne permet ni le passage des véhicules, ni le passage des personnes », a affirmé Me Yasmine Tarasewicz, avocate de la Fonderie de Bretagne, dénonçant « un exercice abusif du droit de grève ». Elle demande au tribunal « d’ordonner la levée de ces entraves, au besoin sous astreinte et avec le concours de la force publique ».

« Renault n’a plus les moyens de subventionner cette entreprise »

Renault a annoncé le 11 mars la mise en vente de l’usine afin de « garantir un avenir au site et d’y pérenniser les emplois ». « Renault n’a plus les moyens, dans le contexte actuel, de subventionner cette entreprise » grevée par de « lourdes pertes », a déclaré à l’audience Me Tarasewicz. Renault « essaie d’obtenir une décision de justice pour faire cesser un mouvement parfaitement cadré mais que l’employeur n’apprécie pas », a dénoncé Laurent Jeffroy, avocat des salariés.

« Le site est accessible aujourd’hui », a-t-il affirmé, soulignant que la direction ne donnait pas d’exemple « d’un seul salarié non gréviste qui se serait présenté à son poste de travail et aurait été refoulé ». « Une grève, ça gêne la production, ça dérange et c’est justement l’objectif du procédé », a estimé Me Jeffroy, rappelant qu’il s’agissait d’un « droit constitutionnel ».

Le président du tribunal a suggéré aux parties de réfléchir à la possibilité d’une médiation. La décision est attendue jeudi 3 juin à 14 heures. Samedi, environ 1.500 personnes ont défilé dans les rues d'Hennebont en soutien aux salariés.