Coronavirus : MakAir, ce respirateur à bas coût inventé par des Nantais, rebondit en Inde

EPIDEMIE Une centaine d'appareils vont être produits et envoyés en Inde, où les contaminations sont encore très élevées

Julie Urbach

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Des respirateurs Makair vont être envoyés en Inde pour faire face à l'épidémie de coronavirus
Des respirateurs Makair vont être envoyés en Inde pour faire face à l'épidémie de coronavirus — MakAir
  • Inventé il y a un an par un collectif de makers, le respirateur artificel MakAir va prochainement être envoyé dans des hôpitaux indiens.
  • Déjà utilisé à Madagascar, l'appareil attend toujours sa certification en France.

C’est l’un de ces incroyables élans nés de la pandémie. Il y a un an, un collectif de makers nantais donnait naissance à MakAir, un respirateur artificiel à bas coût créé « en mode start-up ».

Le produit, inventé en à peine quelques semaines par 250 entrepreneurs, industriels, chercheurs ou professionnels de santé, suscitait l’espoir alors que le pays affrontait la première et redoutable vague de coronavirus. Si la tension a été forte dans les hôpitaux et particulièrement dans les services de réanimation, la pénurie redoutée de respirateurs n’a (heureusement) pas eu lieu. Mais le projet, depuis embourbé « dans les méandres de l’administration française » selon son initiateur Quentin Adam, prend un nouveau souffle à l’étranger.

Alors que l’équipe de MakAir ne cache pas sa « frustration » de n’avoir toujours pas obtenu « la certification du produit » en France, une centaine de respirateurs vont bientôt prendre la route de l’Inde, où les contaminations sont encore très nombreuses. « Après des échanges sur place, notre partenaire industriel, Seb, a décidé de financer et produire ces respirateurs, se félicite Quentin Adam, à la tête de la start-up Clever Cloud. Il y a une urgence et MakAir y répond, comme c’est le cas à Madagascar. Nous avons là-bas des patients traités avec de grands succès, dans le cadre d’un essai clinique. »

« La route est longue »

Il faut dire que depuis un an, l’équipe continue de travailler pour perfectionner l’outil. La dernière version, la V5, est passée d’un à « cinq modes de ventilation » (invasif, non invasif, contrôle de pression, etc.) afin de coller au mieux aux différentes utilisations. Car l’objectif n’est désormais plus uniquement de répondre à la situation de crise liée au Covid. « La route est longue mais la motivation est toujours là et je pense sincèrement qu’à terme, MakAir sera reconnu et utilisé pour ses qualités en France, poursuit Quentin Adam. Il s’agit d’un respirateur 15 fois moins cher qui pourrait rendre plus simples et plus accessibles des traitements qui ne le sont pas jusqu’ici. »

MakAir va bientôt créer sa fondation dans l’optique de promouvoir la démarche « open source » dans le milieu médical. Objectif, « partager avec un maximum de monde le savoir autour de ces dispositifs », mais aussi la capacité à comprendre leur fonctionnement et à les fabriquer. Les plans du MakAir sont d’ailleurs disponibles gratuitement.