La crise n'arrête pas les régularisations de sans-papiers

Louis Moulin

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La récession a beau menacer la France, les travailleurs illégalement présents sur le territoire trouvent encore des emplois. Selon un décompte publié mardi par l'Agence France-Presse, entre 1 400 et 1 700 salariés ont été régularisés depuis janvier 2008, d'après des données récoltées auprès du gouvernement et d'associations. Il faut ajouter « des centaines de dossiers, car des patrons font chaque jour régulariser des travailleurs sans qu'on le sache », ajoute l'association Droits devant ! La crise économique n'a pas enrayé le mouvement, même si elle affecte aussi les clandestins. « En général, ce ne sont pas les premiers à partir : les patrons peuvent préférer les garder car il est plus facile de les mettre sous pression, surtout dans le contexte actuel. Toutefois, là où il y a un important recours à l'intérim, comme dans le bâtiment, tout le monde subit les effets de la crise, eux compris », commente François Brun, chercheur au CNRS. Selon Raymond Chauveau, qui coordonne les grèves de sans-papiers à la CGT : « Si ce sont des superprécaires, ce sont aussi, généralement, des travailleurs qui ont acquis une grande expérience. Du coup, les entreprises sont partagées. » ■