L’Alsace va pouvoir taxer les poids lourds

POLLUTION Le gouvernement a adopté mercredi une ordonnance qui accorde à l’Alsace la possibilité de taxer le transport routier, afin de le « rééquilibrer » avec l’Allemagne

G.V. avec AFP

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Illustration camions sur l'autoroute. Strasbourg le 19 10 2010.
Illustration camions sur l'autoroute. Strasbourg le 19 10 2010. — G. VARELA / 20 MINUTES

Depuis de longues années, cela était attendu, souhaité et demandé en Alsace. Afin de lutter contre l’afflux de poids lourds sur le territoire, le gouvernement lui accorde, via une ordonnance, la possibilité de taxer le transport routier afin de le « rééquilibrer » avec l’Allemagne.

« L’ordonnance concerne une taxe pour les transports routiers au sein de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), afin de rééquilibrer les trafics routiers frontaliers entre l’Alsace et l’Allemagne » , a précisé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du Conseil des ministres. Ce texte donne latitude à la CEA pour fixer une taxe sur certains véhicules à un taux qu’elle déterminera. Chose qui ne sera pas facile et qui va demander beaucoup de concertation, notamment avec les professionnels du transport.

Un retour de l’écotaxe ?

En début d’année, la toute nouvelle collectivité européenne d’Alsace, qui a récupéré la gestion de certains tronçons routiers, a souhaité lutter contre l’afflux de poids lourds sur l'A35 avec une taxe spécifique. Les députés ont finalement donné leur aval à la mise en place éventuelle d’une « contribution » poids lourds dans les régions qui le souhaitent, une mesure inflammable et critiquée à droite, qui a dénoncé le « retour de l’écotaxe » abandonnée en 2014.

Pour rappel, la possibilité d’une écotaxe régionale est diversement appréciée par les régions. En Ile-de-France, Valérie Pécresse (ex-LR) y est par exemple favorable. Même chose pour les socialistes Marie Guite-Dufay en Bourgogne Franche-Comté ou Alain Rousset en Nouvelle Aquitaine. En Bretagne, où était née la fronde des « bonnets rouges » opposés à l’écotaxe, le PS Loïg Chesnais-Girard est hostile au dispositif.