Coronavirus sur la Côte d’Azur : Le secteur du tourisme galère pour trouver des saisonniers

RECRUTEMENT Dans certains établissements, le personnel saisonnier qui avait l’habitude de revenir chaque année a préféré changer de métier

Elise Martin

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Au premier service du déjeuner, le 19 mai, sur le rooftop de l'hôtel Aston La Scala, à Nice
Au premier service du déjeuner, le 19 mai, sur le rooftop de l'hôtel Aston La Scala, à Nice — SYSPEO/SIPA
  • Plus de 1.200 postes dans la restauration et l’hôtellerie sont encore à pourvoir dans les Alpes-Maritimes.
  • Une situation « en tension » similaire chaque année, selon Chrystèle Diebold, directrice territoriale déléguée au département chez Pôle emploi.
  • Pour mettre en relation les employeurs et les candidats du secteur, un salon virtuel se déroule actuellement jusqu’au 4 juin.

Les terrasses viennent de rouvrir mais la saison débute doucement sur la Côte d’Azur. Un départ « frileux » qui se ressent dans les équipes des professionnels du tourisme et de l’hôtellerie. Certains établissements n’ont pas encore leur personnel au complet, d’autres s’y sont pris « un mois et demi en amont ». « Cette année, plus que d’habitude, c’est très compliqué de trouver des salariés, des CDD ouchang des intérims », constate Christophe Souques, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie ( UMIH) Nice Côte d’Azur.

« Avec plus de sept mois de fermeture, les employés ont quitté leur poste parce qu’ils n’étaient pas sûrs de travailler cet été, indique-t-il. À cela, s’ajoutent les formations dans les écoles incomplètes à cause du Covid-19. On se retrouve avec deux ans de générations qui ne sont pas sur le marché du travail. Pour cette saison, on va ramer. Certes, il y aura moins de clientèle, peu de touristes. On va s’en sortir mais ça va être compliqué ».

« La volonté prime sur la compétence »

Un constat que fait également Baptiste Vanini, dont le groupe possède plusieurs plages et restaurants sur la Côte d’Azur. « D’habitude, 70 % des saisonniers reviennent une année sur l’autre. Là, quand j’ai appelé, certains m’ont dit qu’ils étaient partis dans le transport, le yoga ou la bijouterie. L’insécurité avec le Covid leur a fait peur. »

Du personnel qui ne revient pas, c’est aussi des nouveaux employés à former. Le gérant n’a « pas eu trop le choix » cette année. Il indique : « On va dire que la volonté prime sur la compétence. D’habitude, en intersaison, on pouvait faire des essais, en étant en activité, les personnes motivées pouvaient se présenter à l’établissement qu’elles convoitaient. Là, on a dû commencer directement dans le jus. »

De son côté, Charles Galbois, directeur du Welcome Hôtel à Villefranche-sur-Mer, n’a pas encore tout à fait terminé son recrutement. Il attend de voir comment la saison évolue. « On ne peut pas trop embaucher non plus, on peut vite se retrouver surtaffé. » Il n’a pas de crainte sur le personnel dont il aura besoin en juillet août. « Je pense que ce seront de vrais passionnés, il y a encore des gens à la recherche ».

Des e-salons pour mettre les acteurs en relation

« En trois jours de salon en ligne de l’emploi pour l’hôtellerie et la restauration, on a eu 450 visiteurs et 330 dépôts de candidatures », se félicite Chrystèle Diebold, directrice territoriale déléguée des Alpes Maritimes à Pôle emploi. Elle avoue que l’événement est un peu en « décalé dans le temps » mais qu’il s’est fait en fonction des annonces gouvernementales.

Les candidats restent néanmoins bien en deçà du nombre d’offres. Actuellement, sur le site Pôle emploi du département, 1.210 offres concernent le secteur de l’hôtellerie-restauration. Des chiffres qui se rapprochent de ceux de 2019, rappelle Chrystèle Diebold. Elle nuance les propos des professionnels sur la difficulté de trouver des saisonniers, cette année en particulier. « C’est le premier métier qui recrute dans les Alpes-Maritimes. Pendant les mois de fermeture, c’était moins le cas mais chaque année, pour la saison estivale, ce secteur est en tension ».

Les métiers les plus recherchés sont les serveurs, les chefs de rang, les cuisiniers, sommeliers, réceptionnistes et valets de chambre.