Marseille : Airbnb, Booking, Abritel.. La ville s'attaque aux meublés touristiques

TOURISME La ville de Marseille va adopter ce vendredi en conseil municipal un nouveau règlement visant à limiter le nombre de locations meublées touristiques

Mathilde Ceilles

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Le quartier du Panier à Marseille
Le quartier du Panier à Marseille — Caro / Muhs /SIPA
  • Ce vendredi, lors du conseil municipal, la ville de Marseille vote une délibération visant à muscler sa réglementation en matière de meublés touristiques.
  • Si un propriétaire veut louer plus de biens, il devra compenser la perte que représente son activité en matière de logements disponibles notamment.

C’était selon l’adjoint au maire Patrick Amico l’une des « dernières villes » à ne pas s’être emparée du sujet. A l’aube de la saison estivale, la ville de Marseille a décidé, après Lyon ou encore Paris, de s’attaquer aux Airbnb et autres locations meublées touristiques ​disponibles sur les plateformes en ligne.

Une délibération proposée par la majorité de gauche et votée ce vendredi au conseil municipal vise en effet à muscler la réglementation de meublés touristiques, afin d’en limiter le nombre. Jusqu’ici, dans la deuxième ville de France, il était possible pour un propriétaire de mettre en location cinq résidences secondaires en plus de sa résidence principale.

« Un véritable business »

« Cette activité est devenue un véritable business, piloté par un petit nombre de fortunés », estime l’adjoint au maire en charge du logement Patrick Amico. Pour l’heure, aucune statistique précise n’existe pour estimer l’ampleur du phénomène dans la cité phocéenne. « Quand on prend contact avec les plateformes, on estime à 9.000 le nombre de logements meublés touristiques potentiellement à Marseille », avance-t-il.

Un phénomène qui, outre des problèmes de voisinage, selon Patrick Amico, pose également question dans une ville touchée par une crise du logement, notamment dans son centre-ville. « Un studio dans un petit port près de la Corniche s’est vendu 12.000 euros le m²», s'étrangle Patrick Amico. Et de s’agacer : « Beaucoup de petits malins travaillent dans le meublé de loisirs, mais pas que pour cela. Certains marchands de sommeil se sont engouffrés dans ce dispositif. »

« Une certaine harmonie »

« L’attrait touristique de Marseille ne doit pas être bloqué mais être mis en cohérence et dans une certaine harmonie avec le fonctionnement de la ville », lance Patrick Amico. Concrètement, selon les termes de la délibération, à partir de deux résidences secondaires, le propriétaire devra faire une demande qui pourra être refusée ou soumise à un mécanisme de compensation (compenser en logement familial dans le même secteur et sur la même surface), afin que les meublés touristiques arrêtent de rogner sur l’habitat familial.

Autre nouveauté : la durée d’autorisation passera de six à quatre ans, et ne sera plus automatiquement renouvelable. Les loueurs privés qui ont actuellement plus d’un meublé touristique seront soumis à cette réglementation dès l’expiration de leur autorisation. Une délibération qui n’entrera en vigueur qu’après avoir été adoptée par le prochain conseil de territoire. Pour rappel, l’été dernier, plus de trois millions et demi de touristes ont fait escale à Marseille, soit une augmentation de fréquentation de 60 %.