Un peu d'herbe fraîche pour l'élevage ovin

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Moins pour les céréales, plus pour l'élevage. En marge du Salon de l'agriculture, le ministre Michel Barnier a annoncé hier une réorientation de la politique agricole pour aider les filières les plus en difficulté. Près de 1,4 milliard d'euros, soit 18 % des aides directes reçues par les agriculteurs, doivent être réaffectés. La majeure partie de cette somme (près d'un milliard) ira à l'élevage, la filière ovine et caprine recevant par ailleurs des aides spécifiques.

Les éleveurs de moutons font partie des principaux bénéficiaires de ces mesures. Mais Serge Preveraud, président de la Fédération nationale ovine, dresse le portrait d'une filière en crise : « La production était oubliée depuis des années. » Le revenu annuel moyen par éleveur, dans ces exploitations, dépasse à peine les 10 000 euros, bien en deçà du revenu annuel moyen agricole, qui s'établit autour de 25 000 euros. Pour Serge Preveraud, « on est à 700 euros par mois de revenu en moyenne pour les éleveurs de brebis », expliquant que l'activité est « impossible sans les aides ». La Confédération paysanne dénonce « l'absence de protection aux frontières et les importations massives de produits congelés ».

La filière est en pleine érosion : alors qu'il y avait 8,4 millions de brebis allaitantes en France en 1990, elles n'étaient plus que 6,4 millions en 2006. Dans le même temps, on est passé de 153 000 exploitations à seulement 70 000, selon l'Office de l'élevage. Pour ne rien arranger, la fièvre catarrhale continue de frapper les troupeaux de moutons. A la fin 2008, près de 30 000 bêtes étaient touchées dans toute la France. ■L. M.