Coronavirus : Les PME de l’évènementiel toujours « dans le brouillard » concernant leur sortie de crise

EPIDEMIE L’année 2021 s’annonce sûrement encore blanche pour beaucoup d’acteurs du secteur

20 Minutes avec AFP

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Les PME de l'événementiel, organisateurs de mariages ou traiteurs toujours dans l'incertitude quant à l'horizon de reprise d'une activité normale et les modalités de soutien de l'Etat jusque là.
Les PME de l'événementiel, organisateurs de mariages ou traiteurs toujours dans l'incertitude quant à l'horizon de reprise d'une activité normale et les modalités de soutien de l'Etat jusque là. — Pexels / Pixabay

Le calendrier de sortie de la crise sanitaire annoncé par le gouvernement semble avoir oublié les PME de l’événementiel, organisateurs de mariages ou encore les traiteurs. «  Comme les discothèques, nous n’avons toujours pas de visibilité jusqu’à la fin de l’année. 2021 sera encore une année blanche, ni les congrès ni l’événementiel ne vont reprendre », regrette Aziz Bentaleb, gérant de Calixir, un traiteur spécialisé dans l’événementiel d’entreprise basé à Wissous, dans l’Essonne, qui emploie 27 salariés.

Lundi, à neuf jours de la réouverture des terrasses, des commerces et d’autres activités, Matignon a apporté des précisions sur les modalités de reprise de divers secteurs. Les professionnels de l’événementiel, en attente de réponses après 14 mois d’une activité totalement sinistrée, devaient être reçus par le Premier ministre Jean Castex​ mercredi à 17h30. « On ne sait pas si on va travailler en septembre, en octobre : nous sommes dans le brouillard », déplore Aziz Bentaleb, dont la société ne réalise plus que 5 % de son chiffre d’affaires – qui atteignait 4 millions d’euros annuels avant la pandémie.

Des licenciements à cause des congés payés accumulés

Selon lui, les traiteurs les plus fragiles pourraient commencer à licencier, car même si leurs salariés sont encore au chômage partiel pris en charge par l’Etat, « ils n’auront pas la trésorerie nécessaire pour régler les congés payés accumulés depuis un an » (l’Etat a assumé le coût de 10 jours) et le Fonds de solidarité ne couvre pas tous les coûts fixes. Si les aides « baissent d’ici à septembre, ça va être très compliqué ».

Les aides publiques aux entreprises des secteurs les plus affectés seront maintenues à l’identique en mai, mais vont diminuer entre juin et août, a détaillé Bercy lundi.

Une indemnisation moindre et dégressive

Le fonds de solidarité indemnise actuellement les entreprises du tourisme, de la culture, du sport, de l’événementiel et de secteurs connexes en leur versant par mois soit 10.000 euros, soit 20 % de leur chiffre d’affaires d’avant-crise. Le dispositif est maintenu, mais avec une indemnisation moindre et dégressive : elle représentera d’abord 40 % de la perte de chiffre d’affaires, puis 30 % en juillet et 20 % en août, avec toujours un plafond d’indemnisation de 20 % du chiffre d’affaires.

Interrogé à l’Assemblée mardi, le secrétaire d’Etat aux PME, Alain Griset, a toutefois promis, de juin à septembre, « un accompagnement spécifique à l’événementiel ».

Des mariages avec un couvre-feu

En Bretagne, Claire Pennarun, directrice générale de l’entreprise familiale La Maison Pennarun, traiteur et organisateur de réceptions situé à Quimper et Rennes, espère « redémarrer une activité en juin, avec quelques mariages, les seules prestations qu’on a sauvées ».

Les lieux de réception pourront accueillir à nouveau des événements assis à compter du 19 mai, avec une place sur trois occupée et des convives « en quinconce entre chaque rangée », puis une place sur deux à compter du 9 juin, avant une occupation normale des lieux – y compris debout –, en respectant les gestes barrières, à partir du 30 juin. Mais il faudra attendre le 1er juillet pour la fin du couvre-feu : il est maintenu jusqu’à 21h à compter du 19 mai, 23h à partir du 9 juin.

« Pas réellement de reprise du mariage avant juillet »

« J’ai des clients qui maintiennent leur mariage parce qu’ils en sont à leur 4e report et qu’ils en ont marre. D’autres ne veulent pas entendre parler d’un mariage dans ces conditions », relate Claire Pennarun, dont la société (22 salariés) organise en temps normal « 160 à 180 mariages par an sur toute la Bretagne ». Sa société, à la trésorerie exsangue, « ne vaut plus rien aujourd’hui, alors que c’est le fruit de quarante ans de travail », déplore-t-elle.

Mardi, le syndicat UPSE (Union des professionnels solidaires de l’événementiel) a estimé qu’il n’y aurait « pas réellement de reprise du mariage avant juillet », compte tenu des contraintes.