Privés de salaire depuis deux mois, les salariés de la compagnie aérienne Norwegian réclament une solution

AERIEN La société Norwegian Air Resources Limited a été placée en liquidation judiciaire en Irlande, mais pas en France 

20 Minutes avec AFP

— 

Un avion de la compagnie Norwegian à Stockholm, le 16 mars 2020, .
Un avion de la compagnie Norwegian à Stockholm, le 16 mars 2020, . — NACKSTRAND / AFP

Les 286 salariés français de la compagnie aérienne Norwegian Air Shuttle (NAS), qui ne sont plus payés depuis la fermeture de l’antenne parisienne en janvier, réclament l’ouverture d'une procédure de liquidation en France pour pouvoir bénéficier de l’assurance garantie des salaires.

Le tribunal de commerce de Bobigny doit examiner, mercredi lors d’une audience, l’opportunité de désigner un liquidateur en France, « donc l’irruption d’un mandataire français dans le cadre de la procédure de faillite qui touche Norwegian », explique Me Fiodor Rilov, l’avocat des salariés français.

« Ils se retrouvent à devoir quitter leur appartement »

Car pour le moment, l’affaire se joue en Irlande où la société Norwegian Air Resources Limited a été placée en liquidation judiciaire. C’est elle qui détenait la branche française de la compagnie low cost norvégienne. Or les liquidateurs irlandais « ne nous donnent aucun document », affirme Alexandra Lafargue, déléguée syndicale Unac (hôtesses et stewards). « Nous-même au CSE [conseil social et économique], nous avons pris contact avec l’assurance garantie des salaires (AGS) mais il leur manque des documents, c’est assez épuisant », déplore-t-elle

Sans revenus depuis soixante-cinq jours, les 286 salariés de Norwegian (145 pilotes, 136 personnels de cabine et cinq employés administratifs) sont donc dans l’attente. Certains « ne peuvent plus payer leurs factures, ils se retrouvent à devoir quitter leur appartement », détaille Damien Quéland, élu Unac lui aussi et secrétaire du CSE. Les élus disent avoir alerté les liquidateurs et la direction mais « nous n’avons eu aucune réunion d’urgence pour faire face à ces risques psychosociaux », s’étonne Damien Quéland.

Près de 8 millions d’euros d’aide de l’Etat français

Les salariés sont également sans nouvelle de leur directrice des ressources humaines depuis le mois de février. Pour Me Rilov, l’espoir réside dans l’ouverture d’une procédure de liquidation parallèle en France avec un mandataire français qui serait « un peu plus diligent que le liquidateur irlandais et fera les démarches pour que l’AGS intervienne et garantisse les rémunérations ». Une autre procédure a été lancée en référé pour obtenir du liquidateur irlandais qu’il relève « les créances salariales et les envoie à l’AGS, qui a ensuite l’obligation légale d’avancer les sommes qui correspondent à ces créances », détaille l’avocat.

L’audience pour cette procédure est également prévue mercredi à Bobigny. En attendant, les élus du personnel affirment que la ministre du Travail Elisabeth Borne et le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari ont pris contact le 14 avril avec l’Irlande et la Norvège pour trouver une solution au problème. Norwegian a touché 8 millions d’euros d’aide de l’Etat français dans le cadre du chômage partiel, toujours selon les organisations syndicales.