Quelles sont les perspectives d’emploi pour les jeunes diplômés en 2021 ?

RECRUTEMENT Les recrutements de cadres débutants vont repartir un peu en 2021, mais la concurrence sera rude entre les candidats

Delphine Bancaud

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Une jeune diplômée qui vient d'être embauchée en entreprise
Une jeune diplômée qui vient d'être embauchée en entreprise — Pixabay
  • Les recrutements de jeunes diplômés ont chuté de 26 % en 2020 en raison de la crise sanitaire.
  • La situation devrait pourtant s’améliorer, car l’Apec prévoit que les embauches progresseront de 13 % en 2021 par rapport à l’an dernier.
  • Mais le niveau de recrutements des cadres débutants n’atteindra pas celui d’avant la crise.

Ils ont eu la malchance de finir leurs études en pleine crise du coronavirus. Les jeunes diplômés ont subi de plein fouet la dégradation du marché de l’emploi. Selon une étude* de l’Apec, leurs recrutements ont en effet chuté de 26 % en 2020. « Comme lors des précédentes crises économiques, ils ont fait office de variable d’ajustement pour les entreprises », souligne Gilles Gateau, directeur général de l’Apec.

Résultat : seuls 69 % des jeunes diplômés de la promotion 2019 se déclaraient en emploi douze mois après l’obtention de leur diplôme, contre 85 % pour la promotion 2018, selon le baromètre** de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés de l’Apec. Sans surprise, les diplômés de sciences technologiques s’insèrent beaucoup mieux que les diplômés en lettres, langues et arts. Et pour ceux qui se sont casés, la crise a dégradé leurs conditions d’insertion, puisque seuls 59 % des membres de la promotion 2019 ont un CDI, contre 69 % pour la promotion 2018. Ils ont aussi dû accepter des salaires moins attractifs, puisque leur rémunération annuelle médiane s’élevait à 31.000 euros bruts par an, contre 32.000 pour leurs aînés.

La concurrence sera plus forte entre les candidats

Leur situation devrait un peu s’améliorer d’ici à la fin de l’année 2021. L’Apec prévoit ainsi que les recrutements de jeunes diplômés progresseront de 13 % par rapport à 2020. Les fonctions informatiques et en recherche et développement seront celles qui recruteront le plus. « Mais avec 39.990 embauches prévues sur l’année, on sera encore très en deçà du niveau d’avant crise (47.000 en 2019) », explique Gaël Bouron, le responsable adjoint du pôle études de l’Apec. Du coup, la concurrence entre les candidats sera encore forte, « puisqu’il y aura un embouteillage sur le marché de l’emploi. Une partie de la promotion sortie en 2019 est toujours à la recherche d’un emploi, comme celle sortie en 2020, tandis que celle de 2021 arrivera », prévient Gilles Gateau.

Pour optimiser les chances de décrocher un poste, l’Apec propose aux candidats de participer à l’atelier « objectif premier emploi » jusqu’à l’été 2021. « Huit candidats sur dix qui l’ont suivi ont décroché un entretien d’embauche », indique Gilles Gateau.

Une insertion difficile qui va laisser des traces

L’espoir d’une embellie plus favorable n’est pour autant pas exclu, en cas de reprise économique plus forte que prévu fin 2021. Car les entreprises pourront être amenées à réviser leurs intentions d’embauches si la situation sanitaire se stabilise et si la consommation des ménages redémarre plus vite que prévue après la levée progressive des restrictions. Les différents plans de relance pourraient aussi améliorer la visibilité qu’auront les entreprises, et les inciter à renforcer leurs équipes.

Reste que les jeunes diplômés risquent de conserver longtemps les stigmates de leur démarrage difficile dans la vie active : « Le fait d’avoir accès moins vite que leurs aînés à certains postes et niveaux de rémunération aura des effets plusieurs années après sur le déroulé de leur carrière », explique Gaël Bouron. C’est ce qu’avait montré une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) sur la génération arrivée sur le marché du travail en 2010, à la sortie de la crise de 2008-2009.

* Enquête réalisée entre janvier et mars 2021 auprès de 8.000 entreprises représentatives de la répartition par région, par taille et secteur d’activité des salariés du secteur privé en France métropolitaine et représentant 1,4 million de salariés, dont 345.500 cadres.

** Baromètre 2021 de l’insertion des jeunes diplômés, qui repose sur l’interrogation de 1. 000 jeunes diplômés de niveau Bac +5 ou plus et de 500 jeunes diplômés de niveau Bac +3/4, âgés de 20 à 30 ans au moment de l’enquête, ayant obtenu leur diplôme en 2019 et résidant en France métropolitaine. Le terrain en ligne a été mené entre le 18 janvier et le 16 février 2021.