L’assurance perte d’emploi, une protection utile ou superflue ?

ARGENT En ces temps d'incertitude, il est tentant de multiplier les couvertures privées. L'assurance perte d'emploi promet notamment de compléter les indemnités de Pôle emploi pour limiter la perte de rémunération. Mais est-ce réellement avantageux ?

Julie Polizzi pour 20 Minutes
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iStock / City Presse

Le spectre du licenciement fait trembler bon nombre d’actifs. Car si certains secteurs permettent aux salariés de changer d’entreprise sans jamais craindre la précarité, d’autres laissent en revanche sur le carreau de nombreux travailleurs. Les allocations-chômage versées par Pôle emploi sont prévues dans ce cas-là. Mais certaines compagnies d’assurances proposent de compléter cette enveloppe.

Ne pas tout confondre

Très peu développé en France, le marché privé de l'assurance perte d'emploi comporte deux types de produits bien différents. Le plus souvent, c’est à l’occasion de leurs démarches pour obtenir un prêt immobilier que les particuliers entendent pour la première fois parler de ce genre de couverture. Cette option fait en effet partie des garanties proposées dans le cadre de la fameuse assurance emprunteur, incontournable pour l’accession à la propriété. L’objectif est de couvrir les mensualités de remboursement du crédit dans l’éventualité où vous perdriez votre emploi.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il existe également des offres indépendantes de tout achat immobilier. Également appelés assurance perte d’emploi ou assurance chômage, ces contrats visent tout simplement à compenser une baisse de revenus, en complément des indemnités légales versées par Pôle emploi.

Gare aux cas d’exclusion

À première vue, il semble plutôt judicieux de se prémunir contre les conséquences financières du chômage lorsqu’on travaille dans un secteur en crise. Sauf que les conditions d’accès sont souvent très strictes. Que la couverture soit ou non liée à un crédit immobilier, le CDI est de rigueur, parfois même assorti d’une certaine ancienneté. De même, ces contrats ciblent les actifs les plus jeunes, en excluant en général ceux qui ont atteint la cinquantaine.

Plus encore, ce sont les modalités de rupture du contrat de travail qui sont limitées. Pour pouvoir bénéficier de cette prise en charge, il faut en effet avoir perdu son emploi de façon involontaire. En clair : il faut avoir été licencié, que ce soit dans un cadre économique ou pour motif personnel (insuffisance professionnelle, faute…). La démission et la rupture conventionnelle ne sont donc pas couvertes, pas plus que la situation de chômage partiel (puisque le contrat n’est pas rompu).

Des indemnisations variables

Comme pour tout contrat d’assurance, il faut apporter une attention particulière aux modalités de franchise, de délai de carence et de plafonnement. La durée d’indemnisation par l’assurance est en outre nécessairement limitée dans le temps (six mois, un an ou deux ans selon les offres). Certains contrats d’assurance chômage pour un prêt immobilier imposent par exemple jusqu’à six mois de franchise à partir du licenciement. Durant cette période, ce sera donc à vous d’assumer vos mensualités de crédit. Coûteuse et peu attractive, cette assurance est d’ailleurs peu utilisée par les emprunteurs.

Quant à l’assurance perte d’emploi simple, elle s’adresse davantage aux actifs les plus aisés qui ont besoin d’un coup de pouce avant de rebondir. Rappelons en effet que les allocations-chômage atteignent en moyenne 79 % du montant des petits salaires, contre un taux d’environ 64 % lorsque le demandeur d’emploi gagnait plus de 3.000 euros nets par mois. Dès lors, il peut être intéressant de souscrire une assurance pour maintenir son pouvoir d’achat. À raison d’une quinzaine d’euros par mois, vous pouvez par exemple obtenir une enveloppe mensuelle de 600 euros pendant six mois maximum, mais seulement après avoir cotisé pendant six mois. De même, pour 26 euros de cotisations mensuelles pendant au moins un an, un cadre pourra percevoir 500 euros en plus de son chômage pendant vingt-quatre mois.