Michael Dumont, un exploitant très vaches

Nicolas Montard

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Pour travailler à la ferme, il faut avoir la patate. Il est 6 h 30, un matin d'hiver. La température n'a pas encore franchi les 0 °C dans sa ferme flamande de Sercus (Nord) que Michael Dumont et sa famille ont commencé la traite de leurs vaches depuis une bonne demi-heure déjà. Grand gaillard de 26 ans, Michael Dumont a une vocation depuis toujours : l'agriculture. Approuvée par ses parents. « Forcément, nous sommes contents de voir qu'il a eu envie de reprendre l'exploitation. Car, même si nos revenus dépendent des cours de la Bourse et de la météo, franchement, à l'heure actuelle, vous croyez qu'il serait mieux en ingénieur ou dans l'automobile ? »

Son quotidien, les travaux d'une exploitation de 190 hectares et de sa soixantaine de vaches laitières. L'hiver, triage de pommes de terre et entretien de la ferme. L'été, il y ajoute les travaux des champs. Quel que soit le niveau des cours agricoles, auscultés chaque matin sur Internet et particulièrement médiocres ces derniers mois, il a toujours le moral, même si les conditions de travail (froid, pluie, horaires à rallonge pour un salaire qui, certains mois, n'excède pas le smic) en feraient frissonner plus d'un. « C'est vrai que, parfois, c'est dur. Mais jamais je n'aurais pu travailler dans un bureau. »

Le jeune homme a mis tous les atouts de son côté (diplômes, stages) pour rejoindre le Gaec (groupement agricole d'exploitation en commun) familial, intégré officiellement il y a quelques semaines. « L'intérêt du GaecC, contrairement à une installation seule - qui, économiquement, n'aurait pas été possible -, est de pouvoir se relayer. Donc, on essaie d'avoir une vie à côté. Je viens d'emménager avec ma compagne dans un village voisin. Si on ne se voit pas beaucoup la semaine, on a les week-ends, quand je ne travaille pas. » ■