LGV Bordeaux-Toulouse : Le gros coup de gueule de Delga et Moudenc sur les financements de l'Etat

TRANSPORTS Le maire de la Ville rose et la présidente de la région Occitanie demandent « l’équité » après l’annonce du financement par l’Etat de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur alors que la LGV Bordeaux Toulouse attend toujours les aides de l’Etat

Béatrice Colin

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Un TGV roulant sur  sur la ligne du TGV Nord. (illustration)
Un TGV roulant sur sur la ligne du TGV Nord. (illustration) — Patrick Leveque/SIPA
  • Le gouvernement a annoncé le financement à hauteur de 40 % de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur.
  • A Toulouse, les élus montent au créneau pour demander l’équité de traitement et les financements de l’Etat pour la LGV Bordeaux-Toulouse, projet plus avancé que celui du Sud-Est.

Ça ne passe pas, vraiment pas. Certes, samedi, Jean Castex est venu annoncer à Toulouse200 millions d’euros de crédit pour la troisième ligne de métro de la Ville rose qui doit être mise en service en 2028. Mais parallèlement, une autre annonce de taille était faite par le gouvernement. Celle du financement de la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, dont le coût global des travaux est évalué à 3,5 milliards d’euros. Le comité de pilotage s’est accordé sur un financement à 40 % pour l’Etat et 40 % pour les collectivités, les 20 % restants devant être demandés à l’Europe.

Or, de ce côté-ci des rives de la Garonne, depuis des mois, les élus attendent de savoir combien sera mis au pot par l’Etat pour la future LGV Bordeaux-Toulouse, d’un coût de 7,5 milliards, à mettre en service avant 2030. Ce deux poids deux mesures a eu le don d’énerver la présidente de Région, Carole Delga, et le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, qui sont montés conjointement au créneau.

Seule capitale régionale à plus de 3 heures de Paris

« Nous avons appris avec grand étonnement qu’un accord avait été trouvé entre l’Etat et les collectivités concernées pour le financement, à hauteur de 3,5 milliards d’euros, de la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur (LNPCA) alors même que le Grand projet ferroviaire du sud-ouest (GPSO), beaucoup plus avancé, n’est toujours pas accompagné d’un financement officiel de l’Etat. Cette disparité n’est pas admissible alors que cette ligne est inscrite comme prioritaire dans la loi d’orientation des mobilités et déclarée d’utilité publique depuis 2016 », clashent les deux élus dans un communiqué.

Pointant au passage que leurs collectivités ont mis la main à la poche pour la ligne Tours-Bordeaux et qu’aujourd’hui seul l’engagement de l’Etat pour démarrer le projet fait défaut.

Ils demandent donc un traitement équivalent et surtout un maintien du calendrier, qui ne doit pas selon eux impacté par le projet de ligne dans le Sud-Est. D’autant que Toulouse, reste la seule capitale régionale à ne pas être à moins de 3 heures de Paris en train.