Lagardère : Des discussions « en cours » sur la future gouvernance du groupe

NEGOCIATIONS Un conseil de surveillance pourrait se réunir ce lundi, en amont de l’assemblée générale de Lagardère programmée le 14 juin, pour entériner un éventuel accord

20 Minutes avec AFP

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Arnaud Lagardère, à Paris le 10 mai 2019.
Arnaud Lagardère, à Paris le 10 mai 2019. — AFP

Des discussions entre les actionnaires de Lagardère sur la future gouvernance du groupe sont « en cours », a-t-on appris dimanche auprès d’une des parties, alors que le groupe français est au centre d’une bataille pour mettre fin au statut de gérant d' Arnaud Lagardère, qui le rend indéboulonnable.

Selon les quotidiens Les Echos, Le Monde et l’hebdomadaire Le Point, les actionnaires du groupe, à savoir Arnaud Lagardère, Bernard Arnault (Groupe Arnault), Vincent Bolloré (Vivendi) et Joseph Oughourlian (Amber Capital), sont sur le point de parvenir à un accord, après plusieurs mois de tractations, pour acter la fin de la commandite par actions (SCA) et son remplacement par une gouvernance plus traditionnelle sous statut de société anonyme.

Conseil de surveillance

Un conseil de surveillance pourrait se réunir ce lundi, en amont de l’assemblée générale de Lagardère programmée le 14 juin, pour entériner un éventuel accord. Contacté par l’AFP, Lagardère s’est refusé à tout commentaire. Rempart contre toute prise de contrôle actionnariale, la commandite rend indéboulonnable son gérant Arnaud Largardère bien qu’il ne détienne que 7 % du capital de son entreprise.

Selon les trois médias, à ce stade des négociations, Arnaud Lagardère aurait accepté de renoncer à ce statut protecteur en l’échange d’un poste de PDG jusqu’en 2026 et l’équivalent d’environ 200 millions d’euros en nouvelles actions.

Le groupe Lagardère fait l’objet d’incessantes rumeurs sur une cession de son pôle média, et notamment la radio Europe 1 pour laquelle Vincent Bolloré ne cache pas son intérêt. L’homme d’affaires breton est aux manettes de Vivendi, entré au capital de Lagardère il y a un an et devenu depuis son premier actionnaire.

Quel avenir pour le JDD et Paris Match ?

En novembre, des discussions avaient également eu lieu entre le géant des médias, propriétaire d’Editis, et Lagardère au sujet de la cession du pôle international d'Hachette Livre. Mais les projets de Vivendi ont été contrariés par l’arrivée surprise de Bernard Arnault qui a pris 27 % de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère et a conclu avec lui un pacte pour agir de concert. L’empereur du luxe est réputé intéressé par les journaux le JDD et Paris Match.

Mais l’accord envisagé, et encore non confirmé, empêcherait tout démantèlement pendant cinq ans. Sous le coup de la crise sanitaire, le groupe Lagardère a creusé sa perte en 2020, qui atteint 660 millions d’euros. Le chiffre d’affaires global s’est effondré de 38 % sur l’année.