Air France-KLM : Le Parlement néerlandais exige le retrait d’un « bonus scandaleux » de 2 millions d’euros

AVIATION En cas de refus, il menace de bloquer les aides publiques du groupe

20 Minutes avec AFP

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Alors que le groupe reçoit des milliards d'euros d'aides pour sortir de la crise, le patron de Air France s'est vu accorder un bonus de 2 millions d'euros en plus de son salaire.
Alors que le groupe reçoit des milliards d'euros d'aides pour sortir de la crise, le patron de Air France s'est vu accorder un bonus de 2 millions d'euros en plus de son salaire. — Anthony Behar/Sipa USA/SIPA

Le Parlement néerlandais a exigé ce jeudi que le patron d' Air France-KLM renonce à un « bonus » de 2 millions d’euros d’éléments de rémunération. Une majorité des députés soutient la motion du parti radical de gauche SP, et somment le ministre des Finances sortant Wopke Hoekstra de demander à Paris le retrait ce bonus. « La chambre basse sera informée de la mise en œuvre de cette motion », a déclaré une porte-parole du ministre.

Lors d’un débat parlementaire mardi, Wopke Hoekstra s’est dit contre les bonus en ces temps de crise mais a averti que l’arrêt de tout soutien pourrait signifier la fin de KLM et ses milliers d’emplois. Le Parlement néerlandais de son côté menacé de bloquer toute nouvelle aide publique au groupe, durement affecté par la crise du Covid-19, si jamais ce bonus était accepté par le dirigeant de Air France.

Un bonus en plus de son salaire fixe

Le DG d’Air France-KLM, Ben Smith, s’est vu allouer, sous réserve de conditions, une « rémunération variable long terme » qui atteint 2 millions d’euros pour 2020. Cette disposition avait été votée le 19 mars 2020 en Conseil d’administration.

La rémunération du patron d’Air France se décompose en trois volets : un salaire fixe, un variable (le bonus) et une rémunération différée qui est donc contestée aux Pays-Bas. Sur les deux premiers volets, Ben Smith avait annoncé le 23 avril 2020 qu’il allait renoncer à son bonus au titre de 2020 dans le contexte de la crise et s’imposer une réduction de 25 % de sa rémunération.

« Ce bonus est un doigt d’honneur à la société néerlandaise »

Le groupe franco-néerlandais, dans le rouge de 7,1 milliards d’euros en 2020, est durement touché par la crise et a prévenu que sa perte d’exploitation atteindrait 1,3 milliard d’euros au premier trimestre 2021. « Pendant ce temps, les patrons continuent de se servir. C’est scandaleux et le SP exige que le bonus soit complètement retiré », a déclaré dans un communiqué le député néerlandais Mahir Alkaya.

« Ce bonus est un doigt d’honneur à la société néerlandaise et en particulier à toutes les personnes du secteur de l’aviation qui doivent craindre pour leur emploi », a-t-il poursuivi. « Si Le DG ne renonce pas à sa prime, plus aucun centime d’aide de l’État néerlandais ne sera versé à l’holding Air France-KLM », a-t-il ajouté dans un tweet.

10 milliards d’euros de prêts à Air France-KLM

Face à la crise sanitaire, les Etats français et néerlandais ont octroyé en 2020 plus de 10 milliards d’euros de prêts à Air France-KLM. Le groupe a bouclé lundi une augmentation de capital d’un peu plus d’un milliard d’euros, dont 593 millions apportés par l’Etat français.

L’Etat néerlandais, qui détenait 14 % d’Air France-KLM avant l’augmentation de capital, a décidé de ne pas y participer et va donc se retrouver mathématiquement dilué, à 9,3 % des parts.