Sommet social: «Sarkozy fait du vent. Qu'il récolte la tempête!»

REACTIONS Les principales réactions après la rencontre entre le gouvernement et les partenaires sociaux...

20minutes.fr (avec agence)

— 

L'ex-candidate à l'élection présidentielle Arlette Laguiller a indiqué mardi que Lutte ouvrière allait participer à des listes d'union "dans presque 65 villes" avec le Parti socialiste et le Parti communiste.
L'ex-candidate à l'élection présidentielle Arlette Laguiller a indiqué mardi que Lutte ouvrière allait participer à des listes d'union "dans presque 65 villes" avec le Parti socialiste et le Parti communiste. — Franck Perry AFP/Archives
Les syndicats
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT:
«Il y a eu de la tension et du sport au cours de cette réunion. Je le dis aux salariés, il faut noter la position intransigeante du Medef lors de cette réunion. Il va falloir pousser plus fort en matière d'emploi, de pouvoir d'achat et plus généralement en matière de considération. Bernard Thibault a qualifié les décisions présidentielles de «série de mesures d'accompagnement social à la crise». Rappelant qu'elles avoisinent 2,6 milliards d'euros, il s'est dit «bien obligé de ramener ce chiffre à la somme de 8 milliards d'euros correspondant à la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises». «Nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19 mars», a-t-il prévenu.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT: «L'action syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale. Les quelques mesures annoncées aujourd'hui (...) vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés, les mesures sont insuffisantes». «Comme l'action syndicale commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression sur le gouvernement et le patronat. Il faut aller jusqu'à un vrai changement de cap», a-t-il ajouté.

Jean-Claude Mailly, patron de FO: Il a relevé «quelques éléments qui bougent un peu», sur le chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux. «Mais c'est beaucoup trop court», a-t-il aussitôt enchaîné, déplorant qu'il y ait «des oubliés». «Nous avons essuyé une fin de non-recevoir sur le Smic et les négociations salariales de branches (...) Pour faire bouger les lignes, il faut maintenir la pression (...) maintenir la journée du 19 mars», a-t-il conclu.

Le patronat
Laurence Parisot, présidente du Medef: «Des discussions ont lieu chaque année dans l'entreprise. Chaque année, quand il y a une négociation salariale annuelle, et il y en a dans quasiment toutes les entreprises, on discute du partage de la valeur ajoutée. Mais il ne saurait y avoir de discussion avec les organisations syndicales sur le sujet au niveau national.»

Les politiques
Opposition
Martine Aubry, première secrétaire du PS:
«Le président de la République n'a malheureusement pas pris en compte l'ampleur de la crise. Il s'est au contraire attaché à minimiser la situation de l'économie, alors que notre pays a connu fin 2008 la plus lourde chute de son PIB depuis 1945». «Les annonces qui ont été faites ne sont pas à la hauteur des difficultés auxquelles la France et les Français sont confrontés: 2,5 milliards d'euros sont injectés dans le pouvoir d'achat alors qu'il en faudrait dix fois plus pour éviter le plongeon de l'économie française». «Nous sommes dans l'accompagnement là (où) il faudrait un changement de cap». «La France n'a ce soir malheureusement toujours pas de plan de relance digne de ce nom.»

Benoît Hamon, porte-parole du PS:
«Le président de la République fait son petit plan face à ce qu'il considère comme une petite crise» mais «la France reste enlisée au terme de ces annonces: rien qui sur le plan économique change quoi que ce soit à la situation qui était celle du pays», a affirmé l'eurodéputé. «Il y a une série de mesurettes sociales qui ne font pas une politique de justice sociale». Parmi ces mesures, ajoute Benoît Hamon, il y en a qui «mettront probablement un peu de baume sur la situation de quelques Français» mais «qui ne viennent pas au soutien du pouvoir d'achat de millions de Français qui aujourd'hui sont confrontés à l'endettement, aux factures non payées et aux difficultés croissantes».

Henri Emmanuelli, député PS des Landes:
Ces mesures «ne constituent en réalité qu’un train de mesurettes, qui laisse sur le quai les vraies attentes des Français en matière de pouvoir d’achat». «Annoncer "entre 1,6 et 2,6 milliards d’euros" en faveur des classes démunies, soit moins de 0,1% du PIB, n’est pas à la hauteur de l’enjeu». «L’impression de saupoudrage domine». «Nicolas Sarkozy a peut-être répondu au Medef mais certainement pas aux salariés de ce pays».

Jean-Luc Mélenchon, sénateur et fondateur du Parti de Gauche:
«pirouettes et causettes ne font pas une politique à la hauteur des circonstances». «Une fois de plus, le président ruse et agite des leurres. Il profite de la crise pour faire avancer encore le modèle de société où les salariés et l'Etat sont mis à contribution tandis que les actionnaires voient leurs superprofits épargnés et leur égoïsme social encouragé».

Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem: Nicolas Sarkozy a annoncé «une addition de mesures un peu désordonnées, qui donnent un sentiment de saupoudrage. Les fonds débloqués ne sont pas au niveau». «En outre, ceux qui ont le plus besoin d'être soutenus ne sont pas aidés.»

Dominique Voynet, sénatrice des Verts: «Le président s'en tient au service minimum, et ne change pas de cap». «Tant qu'il ne reviendra pas sur le paquet fiscal, il n'y aura pas de véritable plan de relance, mais un plan de communication perpétuellement recommencé.»

Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale: «Les 2,6 milliards débloqués en faveur des ménages représentent à peine 10% de l'effort accordé aux entreprises. "L'esprit de justice" présidentiel demeure pingre.»

Nathalie Arthaud et Arlette Laguiller, de Lutte ouvrière: «Sarkozy fait du vent. Qu'il récolte la tempête!». «Il a annoncé une série de mesurettes qui apporteront quelques centaines d’euros de plus cette année à un certain nombre de personnes dans le besoin, mais rien à côté des cadeaux qu’il a multipliés en faveur des plus riches.»

Olivier Besancenot, leader du NPA: «Tous ensemble contre le mépris». «Celles et ceux qui souffrent de la crise, des licenciements, du pouvoir d'achat qui recule, les travailleurs qui sont descendus dans la rue par millions ne peuvent que se sentir déterminés à poursuivre, développer la mobilisation contre la politique de Sarkozy.»

Communiqué du PCF: Les mesures «sont à mille lieues des enjeux de la situation économique et sociale actuelle». «Au final, toujours pas de changement de cap», «au contraire, il maintient les réformes destructrices».

Majorité

Christine BOUTIN, ministre du Logement: Elle salue l’inflexion sociale du Président de la République. «L’effort de justice et de solidarité nationale envers les plus fragiles annoncée par le Président de la République, sous la forme d’aides différenciées selon les catégories des Français les plus touchés par la crise économique, démontre que d’ors et déjà la France met en œuvre une meilleure répartition de la richesse, plus juste et dirigée vers les classes modestes et moyennes.» «Cela avait été amorcé par la mise en place du RSA; avec les décisions d’aujourd’hui qui s’y ajoutent, à destination des plus fragiles, la mise en œuvre progressive du Dividende Universel prend forme peu à peu.»

Jean-François Copé, patron des députés UMP: Il a salué «le choix de supprimer à titre exceptionnel les 2e et 3e tiers de l'impôt sur le revenu pour les contribuables de la 1ère tranche plutôt qu'une suppression pérenne de la 1ère tranche». «Le caractère temporaire et ciblé de ces mesures correspond à l'effort de solidarité nationale nécessaire en cette période de crise», ajoute-t-il. Saluant pâr ailleurs «le coup de pouce exceptionnel pour les Français les plus fragilisés par la crise», il rappelle que «les députés UMP entendent être totalement associés à l'application de ces mesures».

Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP: «Le mouvement populaire se félicite des décisions qui ont été prises, de pouvoir penser aux Français les plus fragiles, de pouvoir penser aux classes moyennes et encore une fois, que la justice soit au coeur des décisions». «Avec beaucoup de sang froid, avec un vrai sens de l'écoute, le président de la République a su prendre la mesure des inquiétudes qui se sont exprimées dans notre pays». «Nous avons aujourd'hui le sentiment que nous savons où nous allons, et nous avons aussi le sentiment qu'ensemble, nous saurons sortir de cette crise le plus rapidement possible.»

Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat : «Dans cette période d'incertitude profonde, où les emplois sont plus que jamais menacés, Nicolas Sarkozy, gardant fermement le cap de la relance, apporte des solutions efficaces et pragmatiques.»

Maurice Leroy, porte-parole du Nouveau Centre: Il salue un «tournant social vers plus de justice et d'équité» avec «des réponses justes pour nos compatriotes qui souffrent le plus de la crise tout en maintenant son cap réformateur.»

Les associations
Le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP): Il a jugé les mesures annoncées mercredi par l'Elysée «totalement insuffisantes», car les revenus les plus faibles ont besoin, selon lui, d'«une amélioration permanente et non de primes ou remises d'impôts exceptionnelles».
«Pour permettre aux chômeurs une sortie durable de la précarité, (...), le gouvernement ne doit pas agréer en l'état la convention» d'assurance-chômage, comme il a prévu de le faire, mais «cette convention doit être renégociée», plaide le MNCP. Il veut que «l'accès à l'indemnisation, notamment pour les jeunes, soit "ouvert dès le premier mois travaillé». Pour le mouvement, qui soutient l'appel intersyndical à manifester le 19 mars, la réunion des syndicats et du patronat à l'Elysée mercredi qui a duré quatre heures environ, a été une «caricature de dialogue social» et «les grands absents de ce sommet restent les chômeurs, les précaires et leurs organisations».

A regarder: la playlist du sommet social