Provence-Alpes-Côte d’Azur : Vers une nouvelle surfréquentation touristique cet été ?

ECONOMIE Faute de pouvoir voyager à l’étranger, les professionnels du tourisme s’attendent à ce que, comme l’été dernier, les Français affluent massivement en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Mathilde Ceilles
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La plage des Catalans, à Marseille, durant l'été 2020
La plage des Catalans, à Marseille, durant l'été 2020 — Daniel Cole/AP/SIPA

Des plages ​littéralement bondées, des parkings pleins à craquer et, par endroits, des sites surfréquentés, au point que certains parcs nationaux tirent la sonnette d’alarme. Malgré l’épidémie de coronavirus, qui a causé la désertion de la clientèle étrangère habituellement nombreuse, l’été 2020 a été un été record en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Privés de voyages hors de l’Hexagone, les touristes français se sont en effet rabattus massivement sur le sud de la France, sauvant ainsi une saison estivale mal engagée.

Selon des chiffres communiqués ce lundi par la région Provence Alpes Côte d’Azur, le nombre de nuitées touristiques réservées l’été dernier par des touristes Français a ainsi bondi de près de 20 %. Des touristes qui se sont concentrés sur quelques sites, notamment le littoral. A Marseille, entre le 15 juin et le 1er septembre, en cumul, 3,5 millions de personnes ont été recensées sur les plages et criques, soit une hausse de 63 % par rapport à 2019.

« On vivra certainement la même chose que l’été dernier »

Et la prochaine saison touristique s’annonce sous les mêmes auspices, à en croire François de Canson, président du comité régional de tourisme Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Les réservations vont bon train, ce qui laisse présager une bonne saison estivale », estime-t-il. « On vivra certainement la même chose que l’été dernier, affirme Nicolas Guyot, hôtelier marseillais et vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) des Bouches-du-Rhône. Il y a des gens qui vont rester en France, et vont venir à Marseille chercher la mer et le soleil. »

Mais dans une région déjà fortement touristique, cet afflux de population supplémentaire n’est pas sans poser problème. Dans une récente interview accordée à 20 Minutes, le président du parc national des Calanques s’alarmait d’une fréquentation sans précédent. Une situation qui contraint le parc à envisager des quotas d’accès à certains sites pour préserver la biodiversité et à se lancer dans une politique de démarketing, en luttant contre l’image « carte postale » accolée aux calanques.

Grande campagne de promotion touristique

Des images paradisiaques pourtant au cœur de la stratégie de communication du conseil régional présentée à la presse ce mardi. Dès le début du mois de mai, dans le cadre de la campagne « On a tous besoin du Sud », la région lancera en effet une grande campagne de promotion touristique, à grands coups de spots publicitaires.

« La majorité des visiteurs dans les parcs régionaux sont des locaux, se défend Loïc Chovelon, directeur général de tourisme de la région. Il ne faut pas confondre visiteurs et touristes ! Et il faut aussi rappeler que la clientèle française n’a pas compensé la perte de touristes internationaux. L’été dernier, nous avons tout de même eu moins de touristes qu’en 2019. »

« On a besoin de remplir les tiroirs-caisses »

Et de lancer : « Nous avons, l’année dernière, en termes de choix de média, ouvert de manière très large,. Là, en nouant un partenariat par exemple avec Le Monde, nous visons les CSP +, pour une communication qui correspond à notre capacité d’hébergement haut de gamme. » Une campagne qui se décline également sur tous les départements de la région, dans l’espoir de mieux répartir ce flux à venir.

« Préserver nos sites naturels sensibles est assez délicat, reconnaît Guillaume Decard, président de Var Tourisme. Il faut faire de la prévention sans frustrer. Ce sujet est extrêmement sensible car il hérisse le poil de certains professionnels. Nous travaillons actuellement avec le département à renforcer la prévention, à travers notre personnel sur certains sites. Par exemple, sur le site exceptionnel de Sillans-la-Cascade, ce personnel visera à fluidifier le public, et inciter les touristes, s’il y a trop de personnes, à se rendre au village ou aller sur les sites voisins de Cortignac ou des Gorges du Verdon. »

Les attentes sont en effet fortes du côté du secteur hôtelier, fortement touché par la crise du coronavirus. « On ne va pas dire qu’il faut moins de touristes à Marseille, tance Nicolas Guyot. Il y a quand même toute une économie touristique à gérer. Et les restaurateurs et les hôteliers ont du retard à rattraper. Nos prêts garantis par l’Etat ont été contractés il y a un an. On a besoin de remplir les tiroirs-caisses… »