Conso : Selon la Cour des comptes, la location longue durée est loin d’être avantageuse

ARGENT Ce système permet de disposer d’un matériel high-tech ou électroménager sans réellement l’acheter. Une bonne affaire ? Pas si l’on en croit un récent rapport de la Cour des comptes

J.P. pour 20 Minutes
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IStock / City Presse

En parralèle des progrès technologiques, de plus en plus de consommateurs sont tentés de louer leur équipement high-tech plutôt que de l'acheter, afin de le renouveler régulièrement. Autrefois réservé au secteur automobile, la location de longue durée, appelée LLD, permet ainsi de disposer d'un téléviseur 4K ou du nouvel iPhone moyennant des loyers mensuels versés sur une durée déterminée. À la fin de l'échéance, il faut restituer l'appareil, en parfait état, avant d'enchaîner sur un autre contrat.

Au-delà d'une pratique (critiquable) de surconsommation, la LLD pose avant tout un réel problème financier. Car contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette location ne permet pas de faire des économies. Dans une étude parue début 2020, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir ne mâchait pas ses mots en qualifiant ce type de contrat de « véritable gouffre économique ». Et c'est la Cour des comptes qui, plus récemment, est allée dans le même sens. 

L'Etat appelé à mieux protéger les consommateurs 

Dans son rapport public annuel 2021, la haute juridiction financière décrit la LLD comme « un engagement très contraignant sur plusieurs années, pour un intérêt économique discutable et avec une information préalable insuffisante », d'autant plus qu'elle est « accessible à tous les clients sans vérification de leur solvabilité ».

Dans le détail, l'autorité a par exemple estimé qu'un téléviseur vendu 283 euros comptant coûtait en réalité 53 % de plus en location longue durée. En outre, rien ne permet de prendre conscience de l'importance de la somme finale puisqu'aucun récapitulatif des loyers n'est proposé en cours de contrat. Pour couronner le tout, toute résiliation anticipée de l'offre impose de payer l'intégralité des mensualités, sans possibilité d'exemptions, tandis que les retards s'accompagnent d'intérêts « proches du taux d'usure ». La Cour des comptes a appelé l'État à renforcer la législation afin de protéger les consommateurs.